Vivre avec les robots Diffusé le

Des avatars pour nous remplacer

Les robots sont déjà parmi nous... La clinique Courlancy de Reims est à la pointe de la technologie dans le domaine de la chirurgie et de la médecine assistées par robot. Ainsi le robot Jazz se rend au chevet des patients pour les écouter et poser un diagnostic tandis que le robot Da Vinci les opère avec précision. Dans les coulisses, il y a un éminent chirurgien qui a acquis, via ces technologies, un véritable don d'ubiquité !

Un épisode de la série "Vivre avec les robots".

Réalisation : Elodie Fertil

Production : Gédéon Programmes, avec la participation d'Universcience

Année de production : 2013

Durée : 8min06

Des avatars pour nous remplacer

10 : 29 :03

La plupart des robots actuels restent des machines contrôlées par l’homme. Il n’y a pas d’automatisme, pas d’intelligence, pas de prise de décision. Ce sont des interfaces entre les êtres humains.

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Comme ce robot bisou, mis au point au Singapour.

Kissenger reproduit la manière d’embrasser de son partenaire éloigné.

Le robot permet alors de réunir les couples séparés.

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L’invention paraît anodine. Dans les faits, elle permet simplement d’effacer les distances entre deux amants séparées, mais elle prouve également autre chose : nous sommes aujourd’hui capables d’embrasser un robot…

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Du robot qu’on embrasse au robot qu’on câline il n’y a qu’un pas.

La machine n’est plus alors un simple avatar mais devient une entité à part entière, non contrôlée par l’homme et avec qui on peut entretenir une nouveau type de relation : ce sont les robots compagnons.

Un marché fleurissant partout dans le monde.

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En Europe, un nouveau fonds d’investissement d’une valeur de 60 millions d’euros vient d’être crée.

Baptisé Robolution Capital, il est destiné aux start up qui souhaitent  développer tout types de robots compagnons.

L’initiateur : le dirigeant de Robopolis, premier distributeur de robotique personnelle en France : Bruno Bonnel.

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ITV Bruno Bonnell

Co-fondateur d’infogrammes

Directeur de Robopolis

« L’interface entre l’homme et la machine va devenir de plus en plus naturelle. Je crois que la grande évolution qui va y avoir dans la relation de l’homme et du robot, de l’homme et de la machine. C’est qu’on ne la pilote plus, on ne la contrôle plus,  on lui délègue une partie de notre vie. On doit lui faire confiance. »

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Bruno Bonnell croit dur comme fer à l’avenir de ces petits robots sympathiques, conçus pour nous distraire, nous tenir compagnie et peut-être bien plus encore…

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ITV Bruno Bonnell

Co-fondateur d’infogrammes

Directeur de Robopolis

« Ce qui est le plus fascinant dans les robots, c’est de comprendre que l’on peut développer une relation avec des objets qui sont faits de métal, de plastique, de silicium et qui ne sont pas fait de chair et de sang et auxquels pourtant on peut s’attacher. »

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L’homme est un animal social. En cela nous avons besoin de nous tenir compagnie.

Mais est-ce qu’un robot pourrait occuper ce rôle, combler nos manques de tendresse, notre sentiment de solitude, et même faire office de conjoint pour un célibataire ?

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La technologie semble avoir déjà devancé ces questionnements car certains robots compagnons ont d’ors et déjà acquit un rôle social dans nos vies.

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En 2050, les experts sont formels, le nombre de plus de 60 ans dépassera celui des jeunes, entraînant un manque de personnel soignant.

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C’est là qu’interviennent les robots compagnons.

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L’une de leurs premières applications : les maisons de retraite.

Exemple en Australie avec Matilda déjà à l’essai.

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Le robot rappelle l’heure des médicaments, danse, lit les informations et propose des jeux. Un bon moyen de soulager l’équipe de professionnels.

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Live

Mathilda « Number 63, 6 – 3 »

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Avec l’espérance de vie qui augmente, la première cible des robots compagnons est donc le 3ème âge.

Mais remplacer une partie du personnel des maisons de retraite par des robots reste encore un sujet de controverse et soulève de grandes questions éthiques. Souhaitons-nous réellement donner au robot une telle place dans notre société? Peut-on accepter cette idée : substituer par un robot la présence humaine pour accompagner les membres de notre famille?

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En France, avant de s’engager dans cette voie-là, des enquêtes sociologiques sont menées auprès de ces futurs utilisateurs.

 10 :33 :12

À la Marpa les Charmilles, le personnel, lui, est encore bien humain.

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Le sociologue Franck Guichet et le docteur Anne Mareaux sont venus évaluer l’acceptabilité de ces robots-compagnons d’assistance à la personne.

10 :33 :27

Sonore résidents :

-« Mais, il faut le manipuler quand même, faut le guider quand même

-non, vous l’avez pas vu à la télé ? »

10 :33 :33

Live Franck

« Le but, c’est de prendre un petit peu l’avis, de recueillir un peu l’avis de toutes les personnes qui pourraient être un jour utilisatrices, usagers de ce robot d’assistance. »

10 :33 :44

Sonore résidents/ franck/ Anne

« -est ce que je marque parmi les difficultés du quotidien, l’inquiétude des enfants ?

-oui.

-ou l’aprés... Le soucis des enfants aussi... »

10 :33 :55

Après avoir évaluer les besoins et les difficultés quotidiennes des pensionnaires de la Marpa, le sociologue va leur demander si un robot pourrait, selon eux, remplir toutes leurs demandes.

10 :34 :06

Live Franck et personnes âgées

« -Par exemple, si il vous rappelle l’heure de prendre les médicaments ?

-C’est bien pour certaines personnes, je trouve.

-Moi je les prends bien toute seule, hein !

-Oui mais, vous savez, mais

-Vous avez votre pilulier quand même !

-Oui mais dans plusieurs années vous ne savez pas si il faudra pas qu’on vous aide à les prendre les médicaments donc si le robot vous le dit, ce sera bien !

-Et bien j’y crois pas quand même ! »

10 :34 :33

ITV Franck Guichet

Sociologue

Chef de projet MADoPA

« Là le fait qu’on se pose dans ce type de projet là, la question de l’acceptabilité, ça veut bien dire finalement que l’incertitude, elle est où ? Elle n’est pas du côté de la technologie, l’incertitude est du côté des personnes. On ne sait pas si les personnes accepteront ça. »

10 :34 :46

ITV Docteur Anne Moreaux

Coordinatrice médicale

REGECA

« C’est, est-ce ce qu’on se propose de leur offrir, est ce que cela leur apportera du confort, peut être du confort, si il y a un robot qui nettoie le sol, ça peut peut-être apporter du confort. Mais est-ce que cela leur apportera du bien être et du plaisir de vivre ? Et ça, c’est une question. »

10 :35 :06

Live pers agées

« -Et moi je ne saurai même pas où le mettre.

-Et bah au lit avec vous !

-Oui, vous entendez ce qu’elle dit ?

-Ah oui au lit ! »

10 :35 :15

ITV Docteur Anne Moreaux

Coordinatrice médicale

REGECA

« Je trouve qu’on a trouvé une difficulté à se projeter dans l’avenir par rapport à ce style de prise en charge. »

10 :35 :26

Live personnes âgées/Franck

« -Non parce que moi j’aimerais mieux une personne que d’avoir un robot. J’aime le contact humain alors que ça soit là ou ailleurs.

-bah c’est de la ferraille !

-ah même sans parler de ferraille.

-moi j’aime bien le personnel, moi.

-le personnel il est impeccable.

-Ah non, on ne peut pas là, elles nous manquerez trop !

-Si on a un petit soucis, on va leur dire, au robot, on va pas lui dire ! 

-D’accord.»

10 :35 :53

ITV Franck Guichet

Sociologue

Chef de projet MADoPA

« Le fait de pouvoir se confier à quelqu’un sur un soucis qu’on a c’est quelque chose qui se construit dans la relation et c’est pas du tout quelque chose qui se fait naturellement ou mécaniquement. »

10 :36 :06

Live personnes âgées

« Qui vivra verra »

10 :36 :11

Principales inquiétudes donc : la perte de lien social et la peur de ne pas être compris par le robot.

Difficile de concevoir une vraie relation avec une machine, d’imaginer interagir ou échanger avec elle.

10 :36 :24

Mais alors une question se pose :

Les scientifiques seraient–ils capables aujourd’hui de créer des robots communicants ?

Réalisation : Elodie Fertil

Production : Gédéon Programmes, avec la participation d'Universcience

Année de production : 2013

Durée : 8min06