Vivre avec les robots Diffusé le

Le règne des robots compagnons

Permettre d'embrasser l'être aimé à distance, de s'occuper des personnes âgées en leur donnant leurs médicaments ou en les divertissant... des rôles bientôt dévolus aux robots ? C'est déjà le cas dans certains pays, comme l'Australie. Mais qu'en est-il en France ?

Un épisode de la série "Vivre avec les robots".

Réalisation : Elodie Fertil

Production : Gédéon Programmes, avec la participation d'Universcience

Année de production : 2013

Durée : 9min08

Le règne des robots compagnons

10 :29 :02

La plupart des robots actuels restent des machines contrôlées par l’homme. Il n’y pas d’automatisme, pas d’intelligence, pas de prise de décision.

Ces sont des interfaces entre les êtres humains.

10 :29 :13

Comme ce robot bisou, mis au point à Singapour.

Kissenger reproduit la manière d’embrasser de son partenaire éloigné.

Le robot permet alors de réunir les couples séparés.

10 :29 :26

L’invention paraît anodine. Dans les faits, elle permet simplement d’effacer les distances entre deux amants séparés, mais elle prouve également autre chose : nous sommes aujourd’hui capable d’embrasser un robot…

10 :29 :45

Et du robot qu’on embrasse au robot qu’on câline il n’y a qu’un pas.

La machine n’est plus alors un simple avatar mais devient une entité à part entière, non contrôlée par l’homme et avec qui on peut entretenir un nouveau type de relation : ce sont les robots compagnons.

Un marché fleurissant partout dans le monde.

10 :30 :04

En Europe, un nouveau fonds d'investissement d’une valeur de 60 millions d'euros vient même d’être créé.

Baptisé Robolution Capital, il est destiné aux start-ups qui souhaitent développer tout types de robots compagnons.

10 :30 :16

L’initiateur : le dirigeant de Robopolis, premier distributeur de robotique personnelle en France, Bruno Bonnell.

10 :30 :25

ITV Bruno Bonnell

Co-fondateur d’infogrammes

Directeur de Robopolis :

« L’interface entre l’homme et la machine va devenir de plus en plus naturelle. Je crois que la grande évolution qui va y avoir dans la relation de l’homme et du robot, de l’homme et de la machine. C’est qu’on ne la pilote plus, on ne la contrôle plus on lui délègue une partie de notre vie. On doit lui faire confiance. »

10 :30 :47

Bruno Bonnell croit dur comme fer à l’avenir de ces petits robots sympathiques, conçus pour nous distraire, nous tenir compagnie et peut-être bien plus encore…

10 :30: 58

ITV Bruno Bonnell

Co-fondateur d’infogrammes

Directeur de Robopolis :

« Ce qui est le plus fascinant dans les robots, c’est de comprendre que l’on peut développer une relation avec des objets qui sont faits de métal, de plastique, de silicium et qui ne sont pas fait de chair et de sang et auxquels pourtant on peut s’attacher. »

10 :31 :13

L’homme est un animal social. En cela nous avons besoin de nous tenir compagnie.

Mais est-ce qu’un robot pourrait tenir ce rôle, combler nos manques de tendresse, notre sentiment de solitude, et même faire office de conjoint pour un célibataire ?

10 :31 :27

La technologie semble avoir devancer ces questionnements car certains robots compagnons ont d’ors et déjà acquit un rôle social dans nos vies.

10 :31 :38

En 2050, les experts sont formels, le nombre de plus de 60 ans dépassera celui des jeunes, entraînant un manque de personnel soignant.

10 :31 :49

C’est là qu’interviennent (déjà certains) les robots compagnons (assistance).

10 :31 :52

L’une de leurs premières applications : les maisons de retraite.

Exemple en Australie avec Matilda déjà à l’essai.

10 :32 :00

Le robot rappelle l’heure des médicaments, danse, lit les informations et propose des jeux. Un bon moyen de soulager l’équipe de professionnels.

10 :32 :08

LIVE Mathilda :

« Number 63, 6 – 3 »

Trad : Nombre 63, 6 - 3

10 :32 :12

Avec l’espérance de vie qui augmente, la première cible des robots compagnons est donc le 3ème âge.

Mais remplacer une partie du personnel des maisons de retraite par des robots reste encore un sujet de controverse et soulève de grandes questions éthiques : souhaitons-nous réellement donner au robot une telle place dans notre société? Peut-on accepter cette idée : substituer par un robot la présence humaine pour accompagner les membres de notre famille?

10 :32 :42

En France, avant de s’engager dans cette voie-là, des enquêtes sociologiques sont menées auprès de ces futurs utilisateurs.

10 :33 :11

À la Marpa les Charmilles, le personnel, lui, est encore bien humain.

10 :33 :11

SONORE Anne Mareaux :

«  C’est cela ma question, je dis pas que ça vous arrive... »

10 :33 :20

Le sociologue Franck Guichet et le docteur Anne Mareaux sont venus évaluer l’acceptabilité de ces robots-compagnons d’assistance à la personne.

10 33 :26

SONORE résidents :

 - « C’est ce que je suis entrain de dire... ! »

- « Mais, il faut le manipuler, faut le guider quand même

- « Non ! , vous l’avez pas vu à la télé ? »

10 33 :33

LIVE Franck :

« Le but, c’est de prendre un petit peu l’avis, de recueillir un petit peu l’avis de toutes les personnes qui pourraient être un jour utilisatrices, usagers de ce robot d’assistance. »

10 33 :34

SONORE résidents/ Franck/ Anne :

 Franck :  -Est ce que je marque parmi les difficultés du quotidien, l’inquiétude des enfants ?

Résidents : -Oui.

Franck :

-Ou l’aprés

Résidents :

            oui,oui, oui, qu’on commence à se faire du soucis aussi

Franck :

-  soucis des enfants, allez, très bien ! 

10 :33 :55

Après avoir évaluer les besoins et les difficultés quotidiennes des pensionnaires de la Marpa, le sociologue va leur demander si un robot pourrait, selon elles, remplir toutes leurs demandes.

10 : 34:06

LIVE Franck et personnes âgées :

« -Par exemple, si il vous rappelle l’heure de prendre les médicaments ?

-C’est bien pour certaines personnes, je trouve.

-Moi je les prends bien toute seule, hein !

-Oui mais, vous savez, mais

-Vous avez votre pilulier quand même !

-Oui mais dans plusieurs années vous ne savez pas si faudra pas qu’on vous aide à les prendre les médicaments donc si le robot vous le dit, ce sera bien !

-Et bien j’y crois pas quand même ! »

10 : 34 :33

ITV Franck Guichet

Sociologue

Chef de projet MADoPA :

« Là le fait qu’on se pose dans ce type de projet là, la question de l’acceptabilité, ça veut bien dire finalement que l’incertitude elle est où ? Elle est pas du côté de la technologie, l’incertitude elle est du côté des personnes. On ne sait pas si les personnes accepteront ça. »

10 :34:47

ITV Docteur Anne Moreaux

Coordinatrice médicale

REGECA :

« C’est, est-ce ce qu’on se propose de leur offrir, est ce que cela leur apportera du confort, peut être du confort si y a un robot qui nettoie le sol ça peut peut-être apporter du confort. Mais est-ce que cela leur apportera du bien être et du plaisir de vivre ? Et ça, c’est une question. »

10 :35 :06

LIVE personnes âgées :

« -Et moi je ne saurai même pas où le mettre.

-Et bah au lit avec vous !

-Oui, vous entendez ce qu’elle dit ?

-Ah oui au lit ! »

10 :35 :15

ITV Docteur Anne Moreaux

Coordinatrice médicale

REGECA :

« -Je trouve qu’on a senti une difficulté à se projeter dans l’avenir par rapport à ce style de prise en charge. »

10 :35 :26

LIVE personnes âgées/Franck :

« -Non parce que moi j’aimerais mieux une personne que d’avoir un robot. J’aime le contact humain alors que ça soit là ou ailleurs.

-Bah c’est de la ferraille !

-Ah même sans parler de ferraille.

-Moi j’aime bien le personnel, moi.

-Le personnel il est impeccable.

-Ah non, on peut pas là, elles nous manqueraient trop !

-Si on a un petit soucis, on va leur dire, au robot, on va pas lui dire ! 

-D’accord.»

10 :35 :51

ITV Franck Guichet

Sociologue

Chef de projet MADoPA :

« Le fait de pouvoir se confier à quelqu’un sur un soucis que l’on a c’est quelque chose qui se construit dans la relation et c’est pas du tout quelque chose qui se fait naturellement ou mécaniquement. »

10 :36 :05

LIVE personnes âgées :

« Qui vivra verra »

10 :36 : 11

Principales inquiétudes donc : la perte de lien social et la peur de ne pas être compris par le robot.

Difficile de concevoir une vraie relation avec une machine, d’imaginer interagir ou échanger avec elle.

10 :36 :23

Mais alors une question se pose :

Les scientifiques seraient–ils capables aujourd’hui de créer des robots communicants ?

10 :36 :23 GENERIQUE FIN

Réalisation : Elodie Fertil

Production : Gédéon Programmes, avec la participation d'Universcience

Année de production : 2013

Durée : 9min08