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© Aldeam Facey

Moins de graisse, moins de lactate !

La production et l’accumulation de lactate sont associées à la fatigue musculaire, notamment durant les épreuves de course à pied. Pour optimiser les performances, il est donc important d’identifier les facteurs biochimiques et physiologiques qui influencent la production de lactate. 

Pour cela, une étude a examiné le rôle de la graisse corporelle dans la production basale de lactate. Trente-cinq personnes (19 athlètes et 16 non-sportifs) de même origine ethnique ont vu leur taux de graisse corporelle évalué et leur lactate sanguin mesuré avant et après une course à pied intense. Une hausse de 17 % de la masse grasse chez les athlètes était associée à 2 millimoles par litre (mmol/L) supplémentaires de lactate basal, tandis qu’une augmentation de 15 % chez les non-sportifs entraînait 1,5 mmol/L de lactate basal. Conclusion : la graisse corporelle a un impact significatif sur le niveau de lactate basal, ce qui peut affecter le statut métabolique cellulaire de l’athlète avant la compétition. 

Aldeam Facey est doctorant à l’université des Antilles, à la Mona Academy of Sport, en Jamaïque.


Le rôle-clé du sommeil chez les athlètes d’endurance 

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La pandémie de Covid a profondément altéré les routines de sommeil. Notamment celles des athlètes malaisiens, étudiées par Juliana Johan John : ils ont fait face à des fermetures d’installations, des annulations d’événements… © Nuraina Naziha

La qualité du sommeil des athlètes d’endurance – course à pied, cyclisme, natation… – est mal connue en Malaisie. Pour combler ce manque dans les connaissances, une étude a été menée sur 86 sportifs d’endurance, en moyenne âgés de 25 ans et en majorité expérimentés (69 % d’entre eux ayant participé à des compétitions internationales). Ils ont été invités à répondre à un questionnaire auto-administré appelé « indice de qualité du sommeil de Pittsburgh » (PSQI). Résultat : près de 84 % d’entre eux ont un sommeil de mauvaise qualité ! Pour des raisons hormonales, les athlètes féminines souffrent particulièrement d’insomnie.

Or cela peut entraîner plusieurs problèmes, comme une moindre capacité à penser et réagir rapidement, affectant le délai de réaction et la précision durant le jeu. Ainsi, une étude sur des joueurs de tennis privés de sommeil a révélé une chute de 53 % de la précision du service par rapport à des joueurs reposés. Bref : les entraîneurs, les familles et les athlètes eux-mêmes doivent impérativement veiller à la qualité de leur sommeil ! 

Juliana Johan John est maître de conférences à l’université de management et technologie Tunku Abdul Rahman, à Kuala Lumpur, en Malaisie. 


Tai-chi : bon pour la santé et accessible à tous

Le tai-chi pour réduire la tension artérielle, une idée farfelue ? Pas tant que ça ! Dans deux essais contrôlés randomisés, le tai-chi a démontré sa supériorité sur l’exercice aérobique d’intensité modérée pour réduire la tension artérielle chez des patients pré-hypertendus et hypertendus. En outre, comparé à l’exercice aérobique considéré comme un traitement standard non médicamenteux de la fibromyalgie, le tai-chi s’est avéré tout aussi efficace, sinon davantage. 

Comment expliquer ces résultats ? Alors que les exercices habituels comme la marche se concentrent sur le corps, le tai-chi intègre la pleine conscience, l’attention concentrée, l’imagerie mentale et la relaxation active, autant d’atouts pour contribuer à améliorer la santé mentale. Une méta-analyse montre d’ailleurs que le tai-chi surpasse les exercices « non-conscients » dans la réduction de l’anxiété et de la dépression.

Au-delà, le tai-chi revêt un caractère très inclusif. Lenteur, douceur et faible impact en font un exercice idéal pour les individus de tous âges et de toutes conditions physiques. Il s’est ainsi avéré bénéfique à la santé fonctionnelle et est considéré comme sûr pour la réadaptation cardiaque.

Edwin Chun-yip Chin est chercheur postdoctoral au département des sciences du sport et de l’éducation physique de l’université chinoise de Hong Kong.


MicroARN, une piste pour détecter les lésions musculaires précoces 

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Farwa Babar dans son laboratoire © Farwa Babar

Comment détecter les lésions musculaires de manière précoce avant que ne survienne une blessure ? Certaines données scientifiques montrent que les modifications de l’expression des microARN (miARN) sont sans doute détectables plus tôt dans les fluides corporels que les biomarqueurs conventionnels. En effet, ils agissent comme des « variateurs de lumière » moléculaires : ils règlent avec précision l’activité des gènes et influencent les processus biologiques. 

Les séances intenses d’entraînement ou de pratique provoquent des déchirures musculaires microscopiques qui déclenchent les mécanismes de réparation. Au premier plan de ces mécanismes : le miARN-1, un acteur essentiel de la régénération musculaire. Agissant comme un chef d’orchestre, miARN-1 affine les réponses des cellules musculaires pour assurer la récupération. Après l’effort, c’est miARN-133 qui joue un rôle prépondérant dans la réparation musculaire et l’atténuation de l’inflammation ; aux manettes en coulisses, miARN-133 supervise la restauration post-exercice. Ensuite, miRNA-206, la nouvelle star de la recherche, arrive sur le devant de la scène : en cas de défi musculaire accru, elle améliore force et résistance pour préserver l’intégrité musculaire. 

Cette meilleure compréhension des mécanismes à l’œuvre dans le corps permet d’adapter les routines sportives et de réduire les risques de blessure. Grâce à l’étude des miARN, l’approche peut se faire personnalisée, ancrée dans des connaissances moléculaires précises. La recherche doit certes se poursuivre, mais les miARN constituent bel et bien une piste prometteuse, en particulier pour détecter les lésions musculaires à un stade précoce.

Farwa Babar est doctorante en sciences du sport à l’université Charles de Prague, en République tchèque. 


Au cricket, des abdos pour protéger les genoux avant 

L’amour du sport se traduit rarement par… la défense des intérêts et de la santé des joueurs ! Ainsi, au cricket, les spectateurs signalent aux lanceurs que les « balles rapides » d’autrefois ne le sont plus aujourd’hui ! En réalité, même plus rapides, les balles ne satisferont jamais l’insatiable désir de la foule de plus de rapidité... Quant aux entraîneurs, ils expliquent aux joueurs que s’ils se blessent, ils doivent revenir le plus rapidement possible. Et les chercheurs ? Ils savent qu’un genou avant tendu permet d’accélérer la vitesse de la balle. Mais au prix d’un risque accru de blessures !

Or une étude a montré qu’en Jamaïque, les jeunes joueurs de cricket plient davantage le genou avant au moment du lâcher de la balle. La vitesse de la balle n’en est pas affectée : elle est comparable à la moyenne parmi les athlètes de leur âge. Les jeunes lanceurs auraient ainsi trouvé le moyen de réduire leurs risques de se blesser, sans compromettre des performances tant appréciées par les fans. Et ce, grâce à une activation plus importante de leur sangle abdominale ! Voici un bel exemple de l’utilité de la science biomécanique…

Alison Facey est maître de conférences à l’université des Antilles, en Jamaïque. 


Un protocole contre le syndrome métabolique

Défini par la conjugaison d’obésité abdominale, d’insulinorésistance, d’hyperglycémie, de dyslipidémie et d’hypertension, le syndrome métabolique constitue un problème de santé publique. Mais un protocole d’exercices physiques mêlant endurance et résistance se révèle efficace pour le réduire : c’est tout l’objet du programme d’entraînement Zengym (endurance-résistance) mis au point par la chercheuse Mouna Abrougui dans le cadre de sa thèse en STAPS. 

Pour en tester l’efficacité, Mouna Abrougui a recruté 103 femmes sédentaires atteintes du syndrome métabolique, originaires de Monastir, en Tunisie. Pour toutes ces femmes ont été collectées des données exhaustives : âge, taille, poids, tour des hanches, pourcentages de masse maigre et grasse, IMC, fréquence cardiaque, pression artérielle, glycémie, insulinémie, cholestérol… Des tests d’évaluation de la condition physique (équilibre statique, souplesse, force musculaire, mobilité scapulo-humérale, aptitude aérobie…) ont également été réalisés. 

Le protocole d’entraînement a ensuite été proposé à 71 femmes, 32 autres femmes constituant le groupe contrôle. D’une durée de 24 semaines, ce programme, baptisé Zengym, consistait en trois séances d’entraînement hebdomadaires, chaque séance durant 55 minutes : 5 minutes d’échauffement, 45 minutes de renforcement musculaire et 5 minutes de récupération. 

Résultat, une amélioration sensible des paramètres anthropologiques et biologiques, ainsi que des performances physiques dans le groupe « entraîné » : baisse de l’IMC de près de 12 % en moyenne, celle de la masse graisseuse d’un quart, une hausse de 25 % de la masse musculaire, un recul de la glycémie de près de 6 %, près de 20 % de la pression etc. Chez les 71 femmes entraînées, les niveaux de stress et d’anxiété ont en outre reculé. 

Prochaine étape ? Au vu des résultats encourageants de l’étude, Mouna Abrougui espère étendre ce programme à haute intensité à un public plus large, soucieux de réduire son risque cardiovasculaire. 

Mouna Abrougui est chercheuse en sciences et techniques des activités physiques et sportives à l’Institut supérieur du sport et de l’éducation physique de Ksar Saïd, à Tunis. 


Un retour en temps réel pour performer au badminton

Dans le monde très rapide du badminton, où même les millisecondes font la différence, l’amélioration des conditions d’entraînement joue un rôle clé. D’où la mise au point du programme Swift-Smart Motion Pattern, qui combine l’utilisation de l’appareil Onigoe et la réalisation d’exercices de jeu de jambes. Équipé de capteurs, Onigoe propose des scénarios de match simulés inspirés de matchs réels, puis mesure et analyse les schémas de mouvement du joueur, ses temps de réaction et son endurance, fournissant ainsi un retour d’information précieux sur les points possibles d’amélioration. Quant au protocole d’exercices, il est conçu pour l’ensemble du terrain. 

Daphne Ng Chiew Yen est l’inventrice d’Onigoe et l’entraîneuse en chef de Duo Sparks, une académie professionnelle de badminton en Malaisie. 

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© Daphne Ng Chiew Yen