Si l’accident de Tchernobyl, en 1986, a été une catastrophe pour les êtres humains, la faune sauvage de la région se porte, quant à elle, plutôt bien. C’est ce qui ressort d’une étude de l’université de Portsmouth, en Grande-Bretagne, parue le 5 octobre dans la revue Current BiologyPrès de 30 ans après la catastrophe et l’évacuation de quelque 120 000 personnes de la région, l'analyse de la répartition de la faune révèle un résultat surprenant : l’étude montre que les mammifères sont au moins aussi nombreux à l’intérieur du périmètre de 4 200 km2 autour de la centrale que dans les réserves naturelles environnantes non contaminées par la radioactivité.

Elle montre même que les loups y sont sept fois plus nombreux que dans les parcs proches de la région. Les observations ont révélé une multiplication des élans, des chevreuils et des sangliers à Tchernobyl dans une période allant d’un à dix ans après l’accident, cela au moment où les populations de ces mammifères déclinaient ailleurs dans l’ex-Union soviétique, précisent les chercheurs.
Cela ne signifie pas que la radioactivité soit bonne pour la faune sauvage, mais seulement que les effets des activités humaines comme l’agriculture, la chasse et l’exploitation forestière sont nettement pires. Ces observations montrent également à quel point la nature est tenace. Elles pourraient aussi permettre de mieux anticiper l’impact à long terme de la catastrophe de Fukushima, au Japon, en 2011.