Plus de 5 000 figures ornent les parois de la grotte des Bêtes, un abri rocheux situé dans la zone frontalière entre l’Égypte, le Soudan et la Libye. Datées de 8 000 ans, ces peintures et gravures rupestres représentent notamment des animaux sauvages comme des éléphants, des autruches, des antilopes et des girafes, des animaux mystérieux à 3 pattes, ou encore des silhouettes humaines et des empreintes de mains en négatif. Parmi ces dernières, 13 sont très petites et pour nombre de spécialistes, ce sont des mains de bébés.
Pour le vérifier, Emmanuelle Honoré, archéologue au CNRS, a mesuré des mains de nouveaux-nés et d’enfants prématurés. Ses relevés ne concordent ni dans la taille, ni dans les proportions, ni dans la morphologie avec les empreintes de mains de la grotte. Dans une nouvelle étude publiée dans la revue Journal of Archeological Science, elle livre ses conclusions : les empreintes relevées ne sont pas humaines. 

Les mains à l’origine de ces dessins seraient en fait d’origine reptilienne. En termes de morphométrie, elles s’apparentent davantage aux pattes des crocodiles et des varans. Cette hypothèse concorde avec ce que l’on sait du climat de la région à l’époque. Aujourd’hui l’une des plus sèches du Sahara, cette zone était autrefois humide et l’abri surplombait un lac.