Démographie française : naissances en baisse, décès en hausse...
L’Insee vient de publier son bilan démographique 2015. Avec un solde naturel positif, la France conforte sa seconde position parmi les pays les plus peuplés d’Europe. Néanmoins, la conjonction d’une légère baisse des naissances et d’une forte augmentation des décès révèle une configuration démographique inédite depuis l’après-guerre.
Véronique Marsollier - Publié le
L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) vient de rendre son bilan démographique annuel. Sans surprise, avec 66,6 millions d’habitants dont 64,5 en métropole, la France reste le second pays le plus peuplé d’Europe après l’Allemagne (81,2 millions d’habitants) et devant le Royaume-Uni (64,8 millions). 2015 enregistre plus 247 000 personnes par rapport à 2014 soit une hausse de 0,4 %.
Moins de deux enfants par femme
Au-delà de ces chiffres, qui confortent une hausse qui se maintient depuis plusieurs décennies, le bilan global de l’année 2015 réalisé par l’Insee montre une configuration démographique inédite, marquée notamment par une légère baisse des naissances par rapport à 2014. Oscillant autour de 800 000 naissances, la natalité est stable depuis la fin du baby-boom. Mais 2015 accuse une baisse d’environ 19 000 naissances (pour 800 000 en 2015). C’est le total le plus faible enregistré depuis 10 ans.
La fécondité française se maintient malgré tout à un niveau élevé et reste la plus importante d’Europe. Reste que l’Insee note un léger recul, avec un indice de 1,96 enfant par femme contre 2 en 2014. Une baisse qui provient des femmes de moins de 35 ans. Jamais les femmes n’ont eu d’enfants aussi tard : l’âge moyen est de 30,4 ans en 2015. « Mais cela n’entraîne pas nécessairement une diminution du nombre moyen d’enfants qu’elles auront dans leur vie », nuance le rapport.
Mortalité en hausse
Durant l'année 2015, 600 000 personnes sont décédées, avec une hausse de 41 000, soit +7,3 % par rapport à 2014. Jamais, depuis l'après-guerre, la mortalité n'avait été aussi élevée.
Plusieurs explications à la clé. L’une est liée à l’âge avancé de la génération du baby-boom : au 1er janvier 2016, 18,8 % de la population a 65 ans ou plus. Mais l’Insee renvoie également cette augmentation à des conditions météorologiques et épidémiologiques atypiques et peu favorables. Les épisodes caniculaires de juillet 2015 et les vagues de froids survenus en octobre 2015 ont eu un impact important. La surmortalité liée à l’épidémie de grippe du début de l’année dans plusieurs pays d’Europe a également participé à cette hausse. Longue de 9 semaines et de forte intensité, corrélée à un vaccin peu efficace, elle a frappé durement les personnes âgées ou fragiles. En France, sur les trois premiers mois de l’année, 24 000 décès supplémentaires par rapport à la même période en 2014 ont été enregistrés.
Espérance de vie en berne
Conséquence, l’espérance de vie à la naissance diminue de 0,3 an pour les hommes et de 0,4 an pour les femmes. Dans les conditions de mortalité de 2 015, une femme vivrait en moyenne 85 ans et un homme 78,9 ans. Pour autant, cette diminution reste conjoncturelle et, selon l’Insee, « on ne peut pas dire que cette baisse marque un coup d’arrêt dans la tendance à la hausse de l’espérance de vie ». Pour l'institut, le bilan 2015 n'est donc en rien alarmant.