Le Lune devant le VLT, au Chili © ESO/B. Tafreshi/TWAN

Si les astronomes observaient la Terre depuis l’espace seraient-ils capables d’y détecter la vie ? C’est à cette question saugrenue qu’ont répondu les chercheurs du Very Large Telescope (VLT) au Chili (M. Sterzik et al., Nature, 1er mars 2012).

Juste après la nouvelle lune, la Terre illumine notre satellite. La partie sombre de la Lune est alors légèrement visible. © ESO

Et pour ce faire, ils n’ont pas cherché à regarder de l’espace la Terre elle-même mais sa lumière réfléchie par la Lune, celle que l’on peut voir dans la pénombre lunaire lorsque notre satellite ne forme plus qu’un fin croissant.

En analysant la lumière polarisée renvoyée par ce miroir lunaire, les chercheurs ont trouvé, dans le rayonnement terrestre, des signaux révélant la présence d’une vie organique, c’est-à-dire de l’oxygène, de l’ozone, du méthane et du dioxyde de carbone dans des quantités telles que ces gaz ne peuvent être le fruit que d’une activité biologique. Au-delà, les astronomes sont parvenus à déduire du spectre terrestre la présence des nuages, des océans mais aussi de la végétation.

Toutes les planètes, proches ou lointaines, réfléchissent la lumière non polarisée de leur étoile et émettent une lumière polarisée. Cette caractéristique permet de discriminer les faibles lueurs planétaires des fortes lumières stellaires. Ainsi, en analysant la lumière polarisée émanant des planètes lointaines - les exoplanètes -, les chercheurs espèrent pouvoir faciliter la recherche d’une vie dans l’univers.