Le diamètre de 67P/Churyumov-Gerasimenko - 5 kilomètres ... Le diamètre de 67P/Churyumov-Gerasimenko - 5 kilomètres - est beaucoup plus important que celui de 1,2 kilomètre attribué à 46P/Wirtanen la candidate initialement visée. © ESA

Quelle déception pour les chercheurs en janvier 2003 ! Rosetta, joyau technologique de trois tonnes et d’un milliard d'euros, bichonné en vue d'une rencontre avec un petit astre primitif du Système solaire, restait cloué au sol. La faute à l'indisponibilité d'Ariane 5 dont une version boostée avait défailli en décembre. L'Agence spatiale européenne et Arianespace se trouvaient dans l’obligation de trouver une autre destination à ce programme phare d'exploration. Entre-temps, les analyses ont été conduites.

Neuf scénarios ont été examinés. Six comètes - dont 10P/Tempel 2, 88P/Howell, 81P/Wild 2 et 15P/Finlay - ont été envisagées. Deux candidates provisoires avaient été retenues. 67P/Churyumov-Gerasimenko peut être visée avec un départ en février 2004 ou 2005. 46P/Wirtanen, elle, faisait l'affaire mais avec un lancement en janvier 2004 sur une fusée russe Proton. Une hypothèse qui, du point de vue technique, était irréaliste. Elle a été rejetée fin mai 2003. La mission baptisée comme la pierre de Rosette - qui permit à Jean-François Champollion de déchiffrer les hiéroglyphes égyptiens, il y a près de deux siècles - a été conçue afin de déposer un atterrisseur à la surface d'une comète. Les chercheurs espèrent obtenir les clefs d'une meilleure compréhension de l'évolution de ces objets qui ont ensemencé la Terre il y a 4,6 milliards d'années.