L’ADN a parlé. Ötzi avait les yeux marron et était du groupe sanguin O. C’est ce qu’a découvert – entre autres – une équipe internationale en réalisant le premier séquençage complet du génome de « l’homme des glaces » retrouvé momifié en 1991 dans les Alpes italiennes (Nature communication, 1er mars 2012). Si en 2008, un premier décodage de l’ADN mitochondrial avait pu être réalisé, cette nouvelle étude, qui concerne l’ADN du noyau, nous en apprend beaucoup plus sur cet homme de 5300 ans.

Deux chercheurs prélèvent des échantillons de l'homme des glaces. Les docteurs Eduard Egarter (gauche) et Albert Zink (droite) en train de prélever des échantillons de l'homme de glace. Novembre 2010. © Samadelli Marco/EURAC

Ötzi avait ainsi une santé fragile. L’étude de son ADN montre qu’il était intolérant au lactose. Une spécificité qui s’explique notamment par le fait que l'élevage était encore peu répandu en Europe au néolithique. Elle révèle aussi des prédispositions génétiques au développement de maladies coronariennes. L’observation de calcifications vasculaires sur la dépouille momifiée tend à confirmer cette thèse. Par ailleurs, les chercheurs ont pu détecter des séquences d’ADN correspondant à 60% au génome de la bactérie Borrelia burgdorferi, responsable de la maladie de Lyme. Cette découverte fait d’Ötzi le premier cas connu touché par cette infection.

Le cousin corse

Reconstitution d'Ötzi exposée au musée d'archéologie de Bolzano, en Italie. © South Tyrol Museum of Archaeology/EURAC/Marco Samadelli-Gregor Staschitz

Autre surprise, la lignée d’Ötzi ne se serait pas éteinte ! Les chercheurs ont comparé son génome avec celui de 1 300 Européens contemporains, et ont constaté qu'il partageait jusqu'à 25% de son patrimoine génétique avec certaines populations du sud de la Corse et de Sardaigne. Une similitude qui chute en deçà des 1% pour les autres Européens.

On savait que ce barbu de 45 kg mesurait 1,59 m. On connaissait aussi son âge : 45 ans. Les archéologues ont même pu déterminer les circonstances tragiques de sa mort. Il ne manquait plus que des détails génétiques pour achever le portrait d’Ötzi. Avec le séquençage complet de son génome, c’est aujourd’hui chose faite.

Une mort tragique

Ötzi a été agressé par un groupe d'hommes. C'est  en tout cas la thèse communément admise par les archéologues pour expliquer sa mort. L'autopsie de la dépouille montre qu'une flèche a transpercé son omoplate gauche avant de sectionner une artère, provoquant une hémorragie fatale. Par ailleurs, le sang de quatre hommes retrouvé sur ses affaires personnelles indique qu' Ötzi s'est vaillamment défendu avant de succomber face à des adversaires trop nombreux.