L’Agence spatiale européenne (ESA) a dévoilé le 21 mars une nouvelle carte de l’Univers, tel qu’il était 380.000 ans après le big bang. Cette carte élaborée grâce aux observations du satellite européen Planck est beaucoup plus détaillée que celles fournies par ses prédécesseurs. L’Univers était à ce moment-là une « soupe » brûlante et opaque de protons, d’électrons et de photons à quelque 2700°C. L’interaction entre protons et électrons, qui a donné naissance aux atomes d’hydrogène, a ensuite libéré la lumière. A cause de l’expansion de l’Univers, cette lumière est maintenant observable dans les hyperfréquences (micro-ondes) qui correspondent à une température de 2,7°C au dessus du zéro absolu, soit- 270,45°C.

L'Univers selon Planck (2013) Cette nouvelle carte très détaillée montre à quoi ressemblait l’Univers lorsqu’il était âgé de seulement 380.000 ans. Réalisé à partir des données satellites, elle représente la température du rayonnement fossile sur l’ensemble du ciel. La température moyenne y est de -270,425 °C, mais d’infimes variations de quelques millionièmes de degré (en bleu et orange) révèlent la structure hétérogène de l'Univers à ses débuts. Ces données, beaucoup plus précises que celles obtenues jusqu'à présent, vont permettre à la communauté scientifique d’affiner les modèles de formation et d’évolution de l’Univers. © ESA

Ce rayonnement de fond cosmologique hyperfréquence, appelé CMB, présente d’infimes fluctuations de température qui correspondent à des régions de densité légèrement différentes, et qui portent en elles le germe des galaxies que nous observons aujourd’hui dans l'Univers. Planck a été conçu pour cartographier ces fluctuations sur la totalité du ciel avec une précision et une sensibilité jamais atteinte.

Le fond diffus de l'Univers découvert par le satellite Cobe (1992) © Nasa

Une première image de ce fond cosmique a été fournie en 1992 par le satellite américain Cobe. Les données de Cobe ont été confirmées et précisées par le satellite WMap en 2003. La troisième image, celle de Planck, est beaucoup plus précise que celles de ces deux prédécesseurs.

De ces données, recueillies depuis son lancement en avril 2009, il ressort que l’Univers observé par Planck est très semblable au modèle cosmologique standard élaboré au vingtième siècle. Il n’y a pas de révolution dans les données de Planck, mais une meilleure précision de ce qui était connu.

Le fond cosmique vu par le satellite WMap (2003) © Nasa

Quelques incertitudes devront cependant être levées dans les années à venir. Ainsi, la vitesse d’expansion de l’Univers déduite des observations de Planck diffère de celle qui avait été mesurée par le télescope spatial Hubble. Les proportions entre matière ordinaire, matière noire et énergie noire sont à affiner, mais les données recueillies vont permettre à la communauté scientifique de préciser les modèles de formation et d’évolution de l’Univers. L’histoire de l’Univers, même si elle est connue dans les grandes lignes, n’est pas encore gravée dans le marbre.