Le détecteur d'OPERA © OPERA

La source est anonyme mais le ton est assuré. Dans un article paru en ligne sur Science Insider le 22 février, le journaliste Edwin Cartlidge écrit que, « d’après des sources familières avec l’expérience, l’écart de 60 nanosecondes (ns) apparaît venir d’une mauvaise connexion de la fibre d’optique entre le récepteur du GPS et un ordinateur. » L’expérience en question est celle de la collaboration internationale OPERA qui, fin septembre 2011, a annoncé avoir détecté des neutrinos allant plus vite que la lumière, 60 ns plus vite.

« Ces allégations ne sont pas quantifiées, » affirme Jacques Marteau, expérimentateur à l’Institut de physique nucléaire de Lyon et membre de la collaboration OPERA. Il s’en explique : « Lorsque la campagne de mesures de l’année dernière a cessé, nous avons, comme annoncé, vérifié chaque connexion et chaque instrument. » Des mois durant, les chercheurs ont ainsi passé au peigne fin le dispositif et ont en effet identifié deux anomalies possibles liées aux détecteurs GPS, dont un mauvais branchement. « Difficile de dire néanmoins si ces problèmes ont affecté ou non les résultats, continue Jacques Marteau qui reste prudent. Seules de nouvelles mesures permettront de clarifier la situation. »

Pour autant, d’après Jacques Marteau, à ce stade, l’impact de ces anomalies ne peut être quantitativement évalué. « Lors de la phase de vérification des GPS, une mesure a montré que le connecteur à fibre pourrait ne pas avoir fonctionné correctement. » Pour renouer avec la réalité, il faudra attendre la reprise du CERN, le 23 mars prochain, et l’évaluation exacte des anomalies identifiées qui devrait avoir lieu dans les semaines - mois peut-être - qui suivent.

A noter qu’en matière de rumeur, Edwin Cartlidge n’en est pas à son coup d’essai. Fin octobre, toujours grâce à des sources proches de l’expérience, le journaliste avait sévèrement remis en cause la méthode statistique utilisée par la collaboration OPERA. La suite de l’histoire lui donna tort.