« Les semaines les plus délicates se profilent » à La Réunion, où le pic de l'épidémie de chikungunya est attendu mi-avril, a déclaré aujourd’hui, vendredi 04 avril, le ministre des Outre-mer Manuel Valls, qui se rendra sur place à partir de demain.

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Opération de fumigation pour empêcher les moustiques de se reproduire, le 28 avril 2020 à La Possession, sur l'île de La Réunion © AFP/Archives Richard Bouhet

« Il y a un énorme travail qui est fait pour lutter contre les effets du chikungunya. Les semaines les plus délicates se profilent, le pic est attendu mi-avril », a-t-il déclaré sur franceinfo, ajoutant que 40 000 doses de vaccin étaient arrivées hier, destinées en priorité aux personnes âgées ou fragiles.

Le ministre des Outre-mer a précisé que l'épidémie « met sous tension tout le système de santé », alors que l'hôpital du sud notamment, dans la partie de l'île la plus touchée par l'épidémie, a publié un « appel à la population à éviter de se rendre aux urgences pour des situations non critiques ».

Manuel Valls doit se rendre à partir de samedi à La Réunion puis à Mayotte. « L'une des raisons pour lesquelles je me rends à La Réunion, c'est pour marquer notre engagement sur ce dossier qui inquiète évidemment les populations », a-t-il expliqué.

L'épidémie de chikungunya a fait plus de 20 000 cas depuis son déclenchement en août 2024 et continue de progresser. Selon le dernier bilan sanitaire, publié mercredi, près de 6 000 nouveaux cas ont été enregistrés au cours de la semaine du 17 au 23 mars. Deux personnes, âgées de 86 et 96 ans, sont officiellement mortes du virus, transmis par le moustique tigre. L'ARS a également recensé 31 cas graves, dont la moitié chez des nourrissons.

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Le vaccin Ixchiq contre le chikungunya a reçu une autorisation de mise sur le marché européen en juin 2024 © AFP/Archives Richard Bouhet

La Haute autorité de santé a recommandé début mars de vacciner en priorité les personnes de plus de 65 ans, les adultes avec des comorbidités et les agents de lutte anti-moustique. Le seul vaccin disponible est le vaccin Ixchiq, du groupe ple vaccin Ixchiqharmaceutique franco-autrichien Valneva, qui a reçu une autorisation de mise sur le marché européen en juin 2024.

L'impact de la maladie reste pour l'instant loin de celui de l'épidémie de 2005-2006, qui avait touché 260 000 personnes - plus d'un tiers de la population - et fait plus de 200 morts.