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Une partie d’un super-calculateur au « Très grand centre de calcul » (TGCC) du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) de Bruyères-le-Châtel, le 3 juin 2019 © AFP/Archives Stephane de Sakutin

Les ministres des Armées, de la Recherche et du numérique ont lancé officiellement mardi la plateforme nationale de calcul quantique, qui doit permettre de développer en France cette technologie appelée à révolutionner l’informatique. Le programme consistera à coupler des machines quantiques à un super-calculateur classique du centre de Bruyères-le-Châtel, en Île-de-France, pour constituer des systèmes hybrides capables de performances inédites pour certains types de calculs et d’applications.

Plusieurs types de machines quantiques doivent être testées, a indiqué le secrétaire d’État au numérique Cédric O en lançant le programme avec la ministre des Armées Florence Parly et la ministre de la Recherche Frédérique Vidal. « Nous voulons faire en sorte que cette plateforme puisse servir au développement » des différentes start-up françaises et européennes qui sont en train de développer des machines quantiques, a indiqué Cédric O. « D’ici mi-2022, nous ouvrirons une procédure (...) pour l’achat de deux à trois +hardware+ (machines) quantiques qui sont intégrés dans la plateforme », a-t-il indiqué. « Deux autres appels d’offres sont prévus au cours des trois prochaines années », a-t-il ajouté.

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Une autre partie d’un super-calculateur au « Très grand centre de calcul » (TGCC) du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) de Bruyères-le-Châtel, le 3 juin 2019 © AFP/Archives Stephane de Sakutin

Le premier couplage d’une machine quantique avec un super-calculateur est prévu pour 2023, a précisé une source proche du dossier. Parmi les start-up françaises qui pourront apporter une machine quantique figure notamment la start-up Pasqal, qui est en train de développer une machine de 100 Qubits (l’unité permettant de caractériser le potentiel d’un ordinateur quantique) reposant sur la technologie des atomes neutres.

La plateforme va permettre à des start-up européennes « de déployer leur machine dans des situations réelles (...) avec tout l’accompagnement logistique que ça représente », a expliqué le consultant et spécialiste du quantique Olivier Ezratty. Un des objectifs est aussi de « mettre en place toute l’infrastructure logicielle qui permettra aux utilisateurs d’apprendre à exploiter ces machines », a-t-il indiqué.

L’État a lancé ce projet dans le cadre du plan quantique annoncé l’an dernier par Emmanuel Macron. Il prévoit de dépenser jusqu’à 70 millions d’euros, avec jusqu’à 100 millions euros de financements d’autres partenaires, dont l’Union européenne et des industriels. Les technologies quantiques exploitent les propriétés surprenantes de la matière à l’échelle de l’infiniment petit (atome, ion, photon, électron...) Elles devraient permettre à terme de construire des ordinateurs aux capacités de calcul incomparablement supérieures celles des plus puissants super-calculateurs actuels. Le centre de calcul de Bruyères-le-Châtel, géré par le Commissariat à l’énergie atomique, est l’un des plus importants centres de calcul européens. Il est utilisé par le ministère des Armées et par le monde de l’Industrie et de la Recherche.