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En France, des essais préventifs et thérapeutiques vont être entrepris avec des patchs à la nicotine © AFP/Stéphane De Sakutin

En France, des essais préventifs et thérapeutiques vont être entrepris avec des patchs à la nicotine © AFP/Stéphane De Sakutin

La nicotine pourrait avoir un effet protecteur contre l’infection par le nouveau coronavirus, avancent des chercheurs. Des essais préventifs et thérapeutiques vont donc être entrepris avec des patchs à la nicotine, à l’hôpital de La Pitié-Salpêtrière à Paris.

L’hypothèse est étayée par le faible nombre de fumeurs parmi les malades du Covid-19 hospitalisés constaté dans diverses études dans le monde et sa confirmation est soutenue par une nouvelle étude française portant sur 350 malades hospitalisés et 150 plus légers qui ont consulté, tous atteints du Covid-19 (confirmé par test PCR).

« Parmi ces patients, il y avait seulement 5 % de fumeurs », raconte le professeur de médecine interne Zahir Amoura, qui a mené cette dernière étude, soit « 80 % de moins de fumeurs chez les patients Covid que dans la population générale de même sexe et de même âge ».

« L’hypothèse est que la nicotine, en se fixant sur le récepteur cellulaire utilisé par le coronavirus, l’empêche ou le retient de s’y fixer » et donc de pénétrer dans les cellules et de se propager dans l’organisme, explique le Pr Jean-Pierre Changeux, de l’Institut Pasteur et du Collège de France.

Ce neurobiologiste de renommée mondiale, spécialiste des récepteurs nicotiniques, est co-auteur d’un article à ce sujet dans les Comptes Rendus de Biologie de l’Académie des sciences, dont il est membre. 

Dès le feu vert final obtenu, avec le soutien du ministre de la santé, Olivier Véran, des patchs nicotiniques vont être administrés à des dosages différents dans trois essais : en préventif à des soignants, pour voir si cela les protège ; en thérapeutique à des patients hospitalisés, pour tenter de diminuer leurs symptômes ; et enfin à des patients graves en réanimation, détaille le Pr Amoura.

Selon lui, des patients fumeurs hospitalisés pourraient voir leur état s’aggraver en raison d’un sevrage brutal du tabac, mais cela mérite d’être vérifié.

Cependant, ces études ne doivent pas inciter la population à se ruer sur le tabac. Fumer altère les poumons et est mauvais pour la santé (cancers, accidents cardiaques…), rappellent les médecins.

Le rôle central du récepteur en question, le « récepteur nicotinique de l’acétylcholine », dans la propagation du virus, expliquerait notamment la variété des symptômes du Covid-19, dont la perte d’odorat et des troubles neurologiques, avancent les chercheurs.