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Paul McKay, chercheur à l’Imperial College, pose le 10 février 2020 à Londres © AFP Tolga AKMEN

Des chercheurs de l’Imperial College à Londres pensent être parmi les premiers à réaliser des essais sur des souris de vaccins contre le nouveau coronavirus, et espèrent aboutir à un vaccin disponible d’ici la fin de l’année, selon l’un des chercheurs. L’épidémie a fait plus d’un millier de morts en Chine continentale depuis l’annonce du premier décès le 11 janvier, imputé au virus Covid-19.

« Nous venons d’injecter le vaccin que nous avons généré à partir de bactéries dans des souris, et nous espérons qu’au cours des prochaines semaines, nous serons en mesure de déterminer la réaction chez ces souris, dans leur sang, leur réponse en termes d’anticorps contre le coronavirus », a expliqué Paul McKay, chercheur à l’Imperial College.

Partout dans le monde, les chercheurs sont engagés dans une course contre la montre pour élaborer un vaccin, un processus laborieux qui dure généralement plusieurs années, car il s’agit de prouver que le vaccin est sans danger et efficace avant de pouvoir le produire massivement.

L’équipe de l’Imperial College estime que les essais qu’elle conduit sur les souris sont parmi les premiers du genre. Selon l’agence chinoise Xinhua, une université de Shanghaï a également lancé des essais sur des souris dimanche. Les chercheurs de l’Imperial College espèrent être les premiers à faire des essais cliniques sur des humains et à aboutir à un vaccin disponible.

Pour avancer dans leurs travaux, ils s’appuient sur leurs recherches sur le syndrome respiratoire aigu sévère (Sras), débutées il y a deux décennies. « Nous espérons être les premiers à faire des essais cliniques de ce vaccin particulier sur les humains », a dit M. McKay.

« Une fois la première phase d’essais terminée, ce qui peut prendre quelques mois, on peut immédiatement tester l’efficacité du vaccin sur des humains, qui prendra également quelques mois. Donc d’ici la fin de l’année, un vaccin viable pourra peut-être être utilisé sur des humains », a ajouté le chercheur.

Si des chercheurs du monde entier planchent sur le sujet, pour Paul McKay, il s’agit d’une « course collaborative », avec un « partage croisé d’informations ». « Les Chinois, dès qu’ils ont séquencé le génome, l’ont partagé librement avec tout le monde, donc le côté compétitif n’est probablement pas exact. Je dirais que c’est une course collaborative », estime le chercheur.