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Les produits à base d’époxiconazole sont utilisés en France sur environ 50 % des surfaces céréalières © AFP/Archives Joël Saget

L’Anses a confirmé hier le caractère perturbateur endocrinien de la substance active époxiconazole utilisée dans les produits fongicides, et appelle à leur retrait du marché.

L’époxiconazole est une substance active fongicide utilisée sur une part importante des surfaces cultivées en France, notamment en traitement des parties aériennes des végétaux pour lutter contre les principales maladies fongiques de ces cultures : 50 % des surfaces céréalières (blé, orge, seigle, avoine) et 70 % des surfaces de betteraves. Environ 200 tonnes d’époxiconazole sont commercialisées chaque année en France.

Cette substance qui présente un caractère persistant et toxique, cancérogène suspectée et présumée toxique pour la reproduction humaine, demeure autorisée en Europe et utilisée dans des préparations à usage phytosanitaire, les autorisations de mise sur le marché de ces produits étant assorties de mesures de gestion spécifiques. Toutefois, suite à l’adoption de la règlementation européenne sur les perturbateurs endocriniens en décembre 2017, l’Anses s’est autosaisie sans délai pour évaluer le caractère perturbateur endocrinien de l’époxiconazole.

À l’issue de ses travaux, l’Agence conclut que l’époxiconazole est un perturbateur endocrinien pour l’être humain et les organismes non visés par cette substance, et présente un niveau de danger préoccupant pour l’Homme et l’environnement. Pour cette raison, l’Anses a notifié son intention de retrait du marché des 76 produits à base d’époxiconazole aux détenteurs d’une autorisation de mise sur le marché. Ces produits devront avoir disparu du marché d’ici 12 mois ; des alternatives sont disponibles, comme les triazoles.

BASF a contesté les chiffres de l’Anses, assurant que le chiffre de 200 tonnes datait de 2015. « Entre 2015 et 2019, les usages ont diminué de 80 % en France », a indiqué à l’AFP Jean-Marc Petat, directeur agriculture durable pour BASF France division agro, indiquant avoir déjà annoncé un arrêt des ventes en 2019. 

Le gouvernement français s’est fixé un objectif plus large de réduction de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques de 25 % d’ici 2020 et 50 % d’ici 2025.