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Image générée automatiquement par le programme informatique DALL-E à partir de la description suivante : « Loutre de mer dans le style de La Jeune Fille à la perle de Johannes Vermeer » © OpenAI/AFP

La start-up OpenAI va ouvrir son logiciel d’intelligence artificielle DALL-E à un million de personnes, pour qu’elles puissent créer des illustrations, simplement à partir d’indications verbales, et ensuite s’en servir dans des livres, des brochures ou sur internet, y compris à des fins commerciales.

Ce programme informatique permet de générer des images à partir de mots soigneusement choisis, comme « Baobab habillé en homme d’affaires regardant le ciel » ou encore « Loutre de mer dans le style de La Jeune Fille à la perle de Johannes Vermeer ». Le logiciel propose plusieurs créations originales et l’utilisateur peut alors affiner son choix. Il a été « formé » par apprentissage automatisé, c’est-à-dire en ingurgitant une base de données astronomique d’images avec des descriptions.

« DALL-E, le système d’intelligence artificielle (IA) qui crée des images réalistes et de l’art à partir d’une description en langage naturel, est désormais disponible en beta », a indiqué dans un communiqué la start-up basée à San Francisco. Elle prévoit d’inviter un million de personnes déjà sur liste d’attente pendant les prochaines semaines. Ces utilisateurs auront « dès aujourd’hui le droit de commercialiser les images qu’ils créent avec DALL-E, y compris le droit de les réimprimer et de les vendre », précise OpenAI, qui a été cofondée en 2015 par Elon Musk. Le patron de Tesla a quitté l’entreprise en 2018. Ils disposeront initialement de 50 crédits gratuits, chaque crédit permettant de formuler une requête au logiciel, qui y répond avec trois ou quatre images.

L’entreprise a configuré le logiciel avec des garde-fous, pour empêcher que les utilisateurs ne créent des contenus pornographiques, violents ou politiques, ou encore des deepfakes, ces images détournées qui mettent en scène des personnalités réelles dans des situations inventées. Elle a aussi fait en sorte que la machine ne reproduise pas certains biais humains — qu’elle ne propose pas que des hommes blancs quinquagénaires en réponse à la description « PDG ».

DALL-E a déjà été testé par quelques créateurs, dont l’artiste autrichien Stefan Kutzenberger, qui a voulu montrer « à quoi auraient pu ressembler des œuvres du peintre Egon Schiele » s’il n’était pas mort à 28 ans, d’après un communiqué récent d’OpenAI. Karen X Cheng, une créatrice de contenus, a conçu en juin la première couverture du magazine féminin Cosmopolitan générée par un programme d’IA. « Après de nombreuses heures à essayer des centaines de descriptions, j’ai enfin trouvé la bonne : “Une vue grand-angle en contre-plongée d’une femme astronaute avec un corps féminin athlétique qui s’avance avec une démarche sûre d’elle vers la caméra sur Mars dans un univers infini” », a-t-elle raconté sur Instagram.