De plus en plus de certitudes

Depuis sa création en 1988, le Groupe Intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) publie une fois tous les six ans un rapport « à destination des décideurs » sur le réchauffement climatique. Il s'agit, à partir des très nombreux travaux scientifiques publiés dans le monde entier, de faire la synthèse des connaissances sur l'évolution du climat, d'en dégager les grandes tendances tout en tenant compte des incertitudes et des différents points de vue.

En ce début 2007, les membres du GIEC ont rendu le premier volet de leur quatrième rapport dont les conclusions finales seront délivrées d'ici quelques mois. Cette première partie – qui concerne les « bases scientifiques physiques » du réchauffement climatique – entend apporter quelques réponses argumentées à certaines questions majeures : la Terre se réchauffe-t-elle vraiment ? l'Homme en est-il la cause ? et quelles sont les projections à venir ?

Par rapport au précédent bilan publié en 2001, les nouvelles conclusions se veulent surtout plus précises. Ce quatrième opus s'enrichit en effet de données nouvelles et plus exhaustives. Il s'appuie également sur des analyses plus élaborées et plus fines qui permettent de réduire un peu plus les incertitudes quant à l'évolution climatique passée, présente ou future.

Un réchauffement dû principalement aux activités humaines

La concentration du dioxyde de carbone en 2005 dépasse de loin les variations naturelles durant les 650 000 dernières années ! Cette carte représente l'évolution du taux de carbone (le principal gaz à effet de serre) dans l'atmosphère depuis 10 000 ans. Mais l'examen des carottes de glace de l'Antarctique va plus loin. Il révèle que le taux actuel de CO2 dépasse de loin les variations naturelles durant les 650 000 dernières années. © IPCC

Le réchauffement de la planète figure dans ce nouveau rapport comme « sans équivoque », car il apparait « avec évidence dans l'observation de l'accroissement des températures moyennes mondiales de l'atmosphère et de l'océan, la fonte généralisée de la neige et de la glace, et l'élévation du niveau moyen mondial de la mer. » Le GIEC rappelle d'ailleurs que onze des douze dernières années figurent au palmarès des douze années les plus chaudes depuis 150 ans.

En 2001, les experts se voulaient encore très prudents quant au rôle des activités humaines dans le réchauffement. Changement de ton : « l'essentiel de l'accroissement observé sur la température moyenne globale depuis le milieu du XX° siècle est très vraisemblablement dû à l'augmentation observée des gaz à effet de serre anthropique [d'origine humaine] ». Dans le langage des climatologues, ce « très vraisemblablement » correspond à une probabilité supérieure à 90%.

De 1,8 à 4°C d'ici à 2100

Les projections pour le futur - qui s'appuient désormais sur un plus grand panel de modélisations informatiques – apparaissent aussi plus précises. Comme en 2001, six scénarios ont été testés en fonction de nos choix énergétiques et de nos émissions de gaz à effet de serre. D'après les modèles, la Terre se réchauffera de 1,8°C (scénario B1 : pollution la plus réduite) à 4°C (scénario A1Fl : pollution la plus forte) d'ici à 2100. Des estimations finalement assez proches de celles déjà proposées en 2001 (de 1,4 à 5,8°C), mais qui présentent cette fois-ci des marges d'incertitudes plus réduites.

Reste maintenant aux membres du GIEC à se mettre d'accord sur les deux autres chapitres du rapport 2007, à savoir les impacts du réchauffement et les mesures à prendre pour freiner ce changement climatique. Deux autres réunions sont donc attendues cette année, l'une à Bruxelles (du 2 au 6 avril 2007) et l'autre à Bangkok (du 30 avril au 4 mai).

Olivier Boulanger


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