Fukushima, des particules et des hommes Diffusé le

Comment est-on contaminé ?

A Litate, à 40 kilomètres de la centrale de Fukushima, la mesure des particules de Césium dans l'air est vitale. Nicolas Foray, radiobiologiste (Inserm), explique les différentes expositions à la radioactivité et leur dangerosité. Shinzô Kimura, spécialiste en radioprotection à l'Université médicale Dokkyo, surveille l'irradiation interne de ses patients et compte les becquerels qui s'en dégagent car le corps humain, une fois contaminé, devient à son tour émetteur de radioactivité.

Troisième volet de la série "Fukushima, des particules et des hommes"

Réalisation : Gil Rabier , Claude-Julie Parisot

Production : Universcience, Kami productions, Inserm

Année de production : 2015

Durée : 6min15

Accessibilité : sous-titres français

Comment est-on contaminé ?

Fukushima, des particules et des hommes
Module 3
Comment est‐on contaminé ?
Kanno Muneo
03:00:34:16
Quand il n’y a pas de vent, comme aujourd’hui, l’air est pur, mais les sols restent
contaminés.
Quand il y a du vent, la poussière se soulève, et dans ces poussières il y a du césium.
Il faut faire attention.
Cet appareil permet de mesurer le césium dans l’air.
C’est primordial de vérifier, parce que nous respirons cet air.
Il entre dans nos poumons et nous risquons une irradiation interne.
Nicolas Foray
03:01:13:10
Il y a deux grands types d'expositions, d'irradiations. Il y a l'exposition externe, quand le
rayonnement vient de l'extérieur.
C'est ce qu'on a en radiothérapie, par exemple.Il traverse le corps, qui peut l’absorber.
Et puis il y a l'exposition interne, qui est de trois grands types :
l'inhalation, l'ingestion, et le contact de radionucléides, des éléments radioactifs,
qui resteront dans le corps.
Donc, on devine bien que si on inhale, si on ingère et si on touche, on ne va pas avoir la
même dose sur la peau, dans les poumons, l'estomac ou les intestins.
Et, du coup, on n'aura pas les mêmes effets.
Kimura Shinzô
03:02:03:19
46,4 kilos.
Commentaire
03:02:09:05
Le corps humain, une fois contaminé, devient à son tour émetteur de radioactivité. Il faut
alors compter les becquerels qui s’en échappent. On s'assoit sur le whole body counter,
on attend 10 minutes, et le détecteur compte les coups.
Dialogue Kimura Shinzô et Sugiuchi Tetsuyuki
03:02:33:24
- Est‐ce que il y a eu des changements dans votre alimentation depuis un mois ?
- Oui, c’est ça.
- Vous mangez toujours ce que vous cultivez vous‐même ? Le riz que vous mangez,
c'est le riz que vous cultivez vous‐même ?
- Oui.
- Vous mangez les légumes de votre potager ?
Venez, je vais vous montrer.Ici le césium 134 ; là, le césium 137.
Pour le césium 134, il y a à peu près 20 pics d élévation. On les voit ici…
Regardez, ce pic est bien visible, ça dépasse 2000 Becquerels. Franchement je ne
sais pas ce que c’est. Pour le moment je n'ai aucune explication.
Kimura Shinzo
03:03:49:02
Voici les résultats des examens d’il y a trois mois. Regardez… Vous étiez à 490
becquerels pour le césium 134,
Sugiuchi Tetsuyuki
Ça correspond à ça ?
Kimura Shinzo
Oui, oui, c'est ça. Et 824 Becquerels pour le césium 137. Mais d’après ces analyses, les
taux sont remontés depuis la dernière fois. Vous avez dû inclure dans votre
alimentation… quelque chose qui peut être la cause de cette hausse en césium.
Sugiuchi Tetsuyuki
L’alimentation, je ne pense pas... Mais je me souviens maintenant : je suis monté sur mon
toit pour refaire le chaume pendant trois jours. C'est bien possible qu’à ce moment‐là,
j’ai inhalé des poussières contaminées.
Kimura Shinzo
Il faut que vous soyez conscient que la contamination a plusieurs sources, et qu’elle
augmente par accumulation.
Nicolas Foray
03:05:05:20
Fukushima, c'est surtout des phénomènes liés aux faibles doses. Et c'est en particulier le
cancer radio‐induit qu’on va devoir analyser, qu'on va devoir prédire. Le cancer est
multi‐paramétrique, il dépend de beaucoup de choses. C'est pour cela qu'on va avoir à
introduire la notion de risques.
Cette notion de risques est une notion de probabilités.Avoir un cancer radio‐induit, ce
n'est pas forcément certain. Il va y avoir de nombreux paramètres qui vont aider à
l'avoir ou ne pas l'avoir. C’est cet ensemble‐là qui fait toute la difficulté des faibles doses

Réalisation : Gil Rabier , Claude-Julie Parisot

Production : Universcience, Kami productions, Inserm

Année de production : 2015

Durée : 6min15

Accessibilité : sous-titres français