Les POM Bio à croquer Diffusé le

Les complications de l'obésité

L'obésité, notamment des jeunes, progresse partout dans le monde, dans les pays riches comme dans ceux en voie de développement. Karine Clément, nutritionniste à l'hôpital de la Pitié-Salpétrière (ICAN), explique les mécanismes de l'augmentation du tissu graisseux.
Un épisode de la série "POM Bio à croquer".

Réalisation : Véronique Kleiner

Production : Universcience, Inserm, CNDP, Picta productions

Année de production : 2013

Durée : 4min09

Accessibilité : sous-titres français

Les complications de l'obésité

Voix : L’obésité c’est une augmentation du tissu graisseux. Donc dans le tissu graisseux y a quoi. Il y a des cellules spécialisées pour le stockage de graisses, les adipocytes. Alors effectivement ils augmentent de taille au cours du développement de l’obésité. Mais il se passe d’autres choses. Il y a des cellules qui sont des cellules spécialisées dans l’inflammation. Et au cours de l’augmentation de l’obésité elles vont venir s’infiltrer dans le tissu graisseux et elles vont perturber la biologie du tissu graisseux. Elles sont très très proches de l’adipocyte. Il vont se mettre à dialoguer et donc ils vont perturber les messages qui s’échangent. Donc il y a un cercle vicieux qui s’installe qui va créer une maladie qui s’appelle la maladie du tissu adipeux.

Mais en fait le tissu adipeux parle aussi avec le cerveau, le foie, le muscle. Et donc tous ces dialogues, ces échanges vont être perturbés et c’est une des raisons des complications associées à l’obésité.

Sous titre : Une ou des causes ?

Voix : De nombreux facteurs peuvent conduire à l’obésité. On peut être prédisposé génétiquement. Il y a des familles où on prend plus de poids que d’autres. Il peut y avoir effectivement associés à ces facteurs des facteurs d’environnement. On mange plus, on mange différemment, on bouge moins. Donc ça perturbe l’énergie. Puis des facteurs peut être moins connus, par exemple le fait d’être soumis à des polluants. Ca c’est des choses en recherche que l’on étudie. Egalement le fait de fumer de la marijuana par exemple ça peut conduire à des troubles du comportement alimentaire qui peuvent conduire à l’obésité.

Sous titre : Une ou des obésités ?

Voix : Il existe plusieurs formes d’obésités. Y a des personnes qui vont avoir par exemple une distribution des graisses au niveau plutôt du ventre et donc là il va y avoir plus de retentissements par exemple sur le diabète et le cœur. D’autres personnes qui vont avoir distribution de tissus graisseux par exemple au niveau des cuisses et là ça pourra retentir par exemple plus sur les articulations. Puis peut être des conséquences moins courantes ou moins connues comme certains cancers. L’obésité est un facteur de risque du cancer du sein par exemple. Et puis également il y a des retentissements psychologiques. L’obésité, on peut avoir un retentissement une dépression par exemple.

Sous titre : Et les jeunes ?

Voix : Les jeunes sont concernés par ces problèmes d’obésités partout dans le monde. Il y a une augmentation dans tous les pays du monde, que ce soit les pays riches ou les pays pauvres, il y a une augmentation de l’obésité chez les jeunes qui a progressé énormément ces dix quinze dernières années. Et particulièrement également dans des formes très très sévères en fait d’obésité par exemple comme aux Etats-Unis.

Actuellement on est un petit peu démuni en fait pour les traitements. On a une approche médicale mais pas beaucoup à notre disposition de médicaments pour traiter l’obésité. Mais heureusement il y a des espoirs. Parmi les pistes, une des pistes c’est aussi le rôle de l’intestin. A l’intérieur de l’intestin il y a la flore intestinale. La flore intestinale c’est des milliers de bactéries dans notre intestin qui font leur travail d’absorption de l’énergie par exemple, de digestion des aliments. Et on s’est aperçu que la flore intestinale des personnes obèses était perturbée. Et on se demande si agir sur cette flore intestinale ne permettrait pas de prendre en charge l’obésité et ses complications.

Réalisation : Véronique Kleiner

Production : Universcience, Inserm, CNDP, Picta productions

Année de production : 2013

Durée : 4min09

Accessibilité : sous-titres français