Au tableau Ségolène Aymé ! Diffusé le

Qu'est-ce qu'un gène ?

Comment s'organisent les trois milliards de lettres qui composent le code génétique des êtres humains ? La généticienne Ségolène Aymé se livre à l'exercice du tableau blanc pour nous aider à percer les mystères de l'organisation du vivant.

Un épisode de la série "Au tableau Ségolène Aymé : les gènes".

Réalisation : Roland Cros

Production : Universcience

Année de production : 2010

Durée : 5min22

Qu'est-ce qu'un gène ?

AU TABLEAU !

Ségolène Aymé

Chacun sait que notre destin est inscrit dans nos gènes. Non seulement le destin des hommes mais également le destin de toutes les espèces vivantes donc il est très important de comprendre ce qu'il y a dans un gène et ce qu'est un gène.

Donc les gènes sont en fait des éléments de la molécule d'ADN qui code pour l'ensemble de nos caractéristiques. Où sont les gènes ? Il sont donc situés à l'intérieur de la cellule, dans le noyau, et quand on regarde un noyau au microscope, on voit la molécule d'ADN sous une forme de filament qui est enchevêtré et on peut – on sait que les gènes sont là mais on ne peut pas les voir. Si on veut regarder mieux où ils sont localisés, en réalité on a une option, c'est de regarder au moment où la cellule se divise car à ce moment-là on voit beaucoup plus clairement les chromosomes qui sont les supports de l'ADN. L'ADN – la molécule d'ADN étant – la double hélice étant à l'intérieur d'un petit manchon de protéine qui la protège et en tout, nous avons dans l'espère humaine 23 paires de chromosomes qui nous viennent pour l'un – 23 du père, 23 de la mère. C'est vrai dans toutes les espèces sexuées mais le nombre de chromosomes varie d'une espèce à l'autre.

Si on regarde, on déplie cette molécule d'ADN qui est dans chacun des chromosomes, jusqu'à l'extrême, on peut voir que ce filament est en fait un filament qui est composé d'une chaîne de petites molécules qui sont les acides désoxiribonucléiques, (c'est pour ça qu'on appelle ADN) et cette chaîne d'ADN est faite de quatre lettres, d'un code qui va être lu pour fabriquer une protéine.

Il y a comme ça, dans l'ensemble de nos 23 chromosomes, si on déroule toute la molécule d'ADN, environ 3 milliards de ces lettres. Donc ça c'est l'immense livre de la vie, et sur ces 3 milliards de lettres, il y a des phrases qui sont les instructions pour fabriquer les protéines, qui sont les gènes. Donc il y a les lettres, il y a ensuite la phrase, sachant qu'entre les lettres et la phrase, il y a la lecture de mots, et les mots sont lus trois lettres par trois lettres. Comme ça. Chaque trois lettres veut dire quelque chose pour mettre un élément de la protéine qui sont les acides aminés. Ce gène peut avoir une longueur très, très variable. Il y en a de très grands et de beaucoup plus petits, mais ils ont tous en commun, le fait qu'ils ont au début une séquence codante qui dit que c'est le début de la fabrication ça s'appelle le « promoteur ». Et à la fin, ils ont un séquence codante qui dit que c'est la fin et c'est un codon (c'est-à-dire trois lettres) qui dit « stop ». Donc en fait, un gène, c'est une séquence d'ADN entre un promoteur pour débuter la lecture et un codon « stop » qui va être à l'origine de la fabrication d'une protéine. Et les protéines qui sont fabriquées à partir de ça sont de deux natures : des protéines de structure, qui sont donc les briques du vivant, qui sont les petits éléments qui vont être à l'origine de nos cellules, de nos organes ; et sont également des enzymes qui vont être les outils pour fabriquer d'autres éléments du corps humain qui ne sont pas de nature protéinique, par exemple, les glucides, les lipides, etc.

Donc ces gènes sont communs à toutes les espèces vivantes mais toutes les espèces vivantes n'ont pas exactement la même – la même forme du gène. Mais on peut dire que tous les gènes principaux se retrouvent dans toutes les espèces. Et donc, ce que font souvent les généticiens quand ils veulent comprendre, dans une espèce, comment fonctionne les gènes, c'est de comparer les gènes entre eux. Et il y a généralement une partie commune à toutes les espèces quand on les compare, et puis des parties variables qui sont plus ou moins grandes. Par exemple, là, ça serait l'homme qui aurait rajouté un petit élément et puis ça, ça serait le singe, et puis ça, ça serait la souris, qui aurait également une partie là, etc., variable. Il y a toujours – ou ça, ça peut être un arbre quelconque – il y a toujours une partie commune et une partie variable qui fait que ces parties-là vont témoigner de l'histoire de l'évolution et du fait que chaque espèce a développé des caractéristiques qui lui étaient propres et qui avaient un intérêt du point de vue de l'évolution. Donc nous avons tous les mêmes gènes mais nous avons pas exactement la même forme du gène, y compris à l'intérieur d'une même espèce, ce qui fait que nous sommes tous différents. Donc les gènes sont bien à l'origine de la vie et de notre destin. Et il y a une infinité de possibilités pour définir les caractères.

Réalisation : Roland Cros

Production : Universcience

Année de production : 2010

Durée : 5min22