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L’agronome qui marie les cultures et les arbres

Planter sur la même parcelle des palmiers à huile, du manioc et des haricots : quels bénéfices pour l’agriculteur mais aussi pour les sols et pour la biodiversité ? Au Bénin, l’agronome Hermione Koussihouèdé prépare une thèse pour évaluer les rendements des systèmes agroforestiers au sud Bénin. En jeu : les revenus des cultivateurs mais aussi les associations de plantes qui permettront au sol de stocker au mieux le carbone, et lutter ainsi contre le dérèglement climatique.

Réalisation : Xavier Fagbohoun

Production : Fablab Channel, IRD, Universcience

Année de production : 2021

Durée : 4min48

Accessibilité : sous-titres anglais, sous-titres français

L’agronome qui marie les cultures et les arbres

Texte BENIN - Agroforesterie “Au départ nous ignorions que planter des ananas à côté des palmiers dérangeait la culture de ceux-ci. C’est après avoir travaillé avec la scientifique que nous avons su que les deux plantes se disputaient les nutriments." Bonjour ! Comme ce planteur, beaucoup de Béninois vivent de la culture des palmiers à huile. Mais pendant les 3 premières années de leur croissance, ces palmiers ne donnent pas de fruits. Alors certains agriculteurs ont eu l'idée de planter d'autres cultures à côté, pour que la parcelle soit quand même rentable. Mais quelles variétés de culture choisir ? Risquent-elles de nuire au palmier, ou au contraire, lui font-elles du bien ? C'est là-dessus que travaille une jeune scientifique passionnante, nous allons la rencontrer pour en savoir un peu plus sur ces systèmes agroforestiers. Ma motivation en tant qu’agronome, puisque l’agriculture nourrit les peuples, c’est apporter ma pierre à l’édifice pour que les productions soient les plus bonnes possibles et tout cela dans le respect de l’environnement. Notamment dans le contexte actuel de changement climatique. Hermione a travaillé entre autres sur cette parcelle, située au sud du Bénin. En fonction des besoins et des objectifs, les agriculteurs associent au palmier soit la culture du maïs, de la tomate, de l'ananas ou du manioc. Sébastien est propriétaire d’un champ de palmier. Il a choisi pour les 3 années de phase immature du palmier, la culture de l’ananas. Comme vous le voyez, c'est parce qu’il y a énormément d’espace libre entre les palmiers que nous plantons d’autres cultures comme l’ananas pour occuper ces espaces pendant les trois années où le palmier n’est pas mature. Planter plusieurs espèces sur une même parcelle, ça s’appelle faire une association de cultures. Lorsque l’une de ces plantes est un arbre, on parle d’agroforesterie. Le travail d’Hermione consiste à évaluer ce que cette association change pour les végétaux en présence. On a cherché à voir l’état végétatif du palmier, l’état nutritionnel. On s’est également préoccupé du partage de la ressource hydrique qui est dans le sol. Ensuite on a regardé la fertilité du sol, on a fait un diagnostic foliaire qui est une opération classique : on détermine la feuille 17, on prélève des folioles à un endroit précis et on va analyser au laboratoire. Sur la culture annuelle, on a fait également des prélèvements, des mesures d’humidité du sol. Après nous revenons au laboratoire, on analyse le sol ainsi que les parties des plantes qu’on a prélevées. Tout ça nous permet de voir ce qu’il y a dedans, comment le palmier en a pris, combien il en a prélevé. Il n’y a presque pas d’espace entre le palmier à huile et la culture qu’on lui associe. Et tout ça a pour impact des effets de compétition entre le palmier à huile et la culture associée, notamment de la compétition nutritionnelle sur le palmier ainsi que de la compétition hydrique. Aujourd’hui, grâce aux recherches de la scientifique nous savons que les cultures que nous associons ne permettent pas la bonne croissance des palmiers. Désormais nous savons que lorsque le palmier est associé à l’ananas, il n’arrive pas à bien se nourrir en potassium. Donc il faudra lui donner de l’engrais en complément. Quand les végétaux sont bien choisis et espacés correctement, l’agroforesterie a plein d’avantages : les plantes profitent de l’ombre et de l’humidité des arbres. Elles sont protégées du vent. Le sol est enrichi par toutes les feuilles qui tombent… Bref, l’écosystème est plus riche. Et en prime, les arbres absorbent du CO2 en poussant, ce qui contribue à atténuer le changement climatique. C’est bon pour le revenu des familles agricultrices et pour la planète ! Je suis très fier du travail d'Hermione, ses recherches scientifiques vont permettre aux agriculteurs de s’orienter pour de meilleurs rendements et une meilleure adaptation au changement climatique. Si ce reportage vous a plu, je vous invite à voir d’autres vidéos sur la chaîne Youtube des Haut-Parleurs !

Réalisation : Xavier Fagbohoun

Production : Fablab Channel, IRD, Universcience

Année de production : 2021

Durée : 4min48

Accessibilité : sous-titres anglais, sous-titres français