La Nuit du Vivant : voyage au coeur de la pourriture Diffusé le

Amateurs de putréfaction

Grâce aux amateurs de pourriture, la nature est nettoyée des végétaux et animaux morts. Ainsi, certains animaux et trois micro-organismes (moisissures, levures et bactéries) recyclent la matière.

Un épisode de la série "La Nuit du Vivant : voyage au coeur de la pourriture".

Réalisation : Geneviève Anhoury

Production : Ex Nihilo, CNRS Images, en association avec Universcience

Année de production : 2014

Durée : 4min31

Accessibilité : sous-titres français

Amateurs de putréfaction

le grand règne animal mon espèce y figure

je prends un ver de terre ou mieux un asticot

admirons le velours de ses petits gigots

Raymond Queneau

La décomposition des systèmes vivants, a priori, ça ne fait pas envie. Il s'agit pourtant d'un phénomène au charme irrésistible pour certaines espèces. Et indispensable pour la plupart des êtres vivants, dont l'Homme.

Tout ça parce que, accumulée, l'activité d’un très grand nombre d’êtres vivants peut avoir des conséquences à très grande échelle. C'est le cas de la pourriture et de la décomposition du vivant : ce processus implique des acteurs minuscules, d’une extrême simplicité, dont les actions apparemment anodines engendrent des effets considérables.

Au cœur de ce processus, trois types de microorganismes jouent un rôle prépondérant : les moisissures et les levures - qui sont des champignons microscopiques, qu’on appelle eucaryotes, comme nous, puisque leurs cellules possèdent un noyau - et les bactéries - des êtres unicellulaires, qu’on appelle procaryotes parce qu’elles ne possèdent pas de noyau.

Ces microorganismes attirent des animaux décomposeurs qui les mangent ou qui mangent ce qu’excrètent tous les animaux : déjections, mucus, exsuda, et décomposition organique. Les animaux décomposeurs en question, ce sont les acariens, les collemboles, les mouches, les vers de terre, les nécrophores et les bousiers.

Les acariens sont des arachnides microscopiques de la même famille que les aoûtats ou les tiques. Ceux qui sont détritivores se nourrissent de bactéries, de champignons, d’animaux et de végétaux décomposés.

La drosophile, appelée mouche du vinaigre ou mouche des fruits, se nourrit quant à elle de fruits très mûrs ou pourrissants, dans lesquels elle pond ses œufs.

Les collemboles, arthropodes microscopiques et souvent sauteurs, déjà présents sur terre il y a 400 millions d’années, avant même l’apparition des insectes, se nourrissent de bactéries et de moisissures. Ils jouent un rôle majeur dans la circulation des nutriments, en particulier pour les végétaux. On les trouve sur le sol, dans le sol mais aussi dans toutes les canopées du monde où ils se régalent de feuilles mortes et disséminent la microflore.

Les insectes nécrophages, qui se nourrissent de cadavres, réussissent à enterrer des carcasses d’animaux aussi grosses que celle de rongeurs, de reptiles ou d’oiseaux gros comme des canards, pour nourrir leurs larves. Celle qu’on appelle la nécromasse – en opposition à la biomasse, la matière organique vivante - est ainsi nettoyée par cet ensemble d’avides consommateurs spécialisés : les charognards, les mouches, les coléoptères, les papillons et les mites qui, elles, ont une préférence pour les poils et les plumes.

L'action combinée des microorganismes et des animaux décomposeurs permet donc de recréer la vie à partir de la mort, de nettoyer la matière vivante, et, accessoirement, d’éviter que nous soyons submergés de matière morte.

Réalisation : Geneviève Anhoury

Production : Ex Nihilo, CNRS Images, en association avec Universcience

Année de production : 2014

Durée : 4min31

Accessibilité : sous-titres français