Désinformation : tout le monde est (plus ou moins) vulnérable, selon une étude de l'Arcom
Publié le - par LeBlob.fr, avec l'AFP
Sommes-nous tous prêts à croire de fausses informations ? Dans une étude dévoilée aujourd’hui par l'Arcom, plus d'un sondé sur cinq a jugé exactes une majorité d'affirmations pourtant fausses qui leur étaient présentées, et plus des trois quarts en ont cru au moins une.

« Nous sommes tous vulnérables à la désinformation (...), même si on l'est à des niveaux variables », a commenté Martin Ajdari, le président du régulateur de l'audiovisuel et du numérique, lors de la présentation de l'étude. Pour la réaliser, 2 000 personnes ont été interrogées en ligne en novembre. Dix informations leur ont été présentées, trois vraies et sept fausses.
22% des sondés ont jugé « exacte de façon certaine au moins quatre des sept fausses informations ». À l'autre bout du spectre, 23% les ont toutes identifiées correctement. Par exemple, deux des fausses affirmations étaient « 81% des soignants refusent de se faire vacciner contre la grippe » ou « Une nouvelle loi sanctionne de 750 euros le prêt non déclaré d'un véhicule à un proche ».
Ces Français « les plus perméables » aux fausses informations sont à 54% des hommes. 33% ont entre 25 et 44 ans et 35% sont CSP-. Ils s'informent davantage sur « les médias algorithmiques » (réseaux sociaux, plateformes, intelligence artificielle).
Pour leur part, 40% des Français les « moins perméables » ont un niveau d'étude supérieur. Ils s'informent plus que la moyenne via les médias traditionnels (télévision, presse...).
L'étude pointe un décalage entre la perception des gens et la réalité : 60% des sondés pensent savoir identifier une fausse information, mais seuls 23% jugent que les autres en sont capables. « Il y a quand même de l'espoir car il y a une conscience d'être soumis » aux fausses informations (97% des sondés) « et de la nécessité de lutter » contre elles (80%), a souligné Catherine Jentile de Canecaude, membre du collège de l'Arcom.
Parmi ses missions, l'Arcom coordonne l'application en France du règlement européen sur les services numériques (DSA). Il vise à réguler les activités des plateformes, notamment pour qu'elles luttent contre la propagation de contenus « illicites et préjudiciables », ce qui a été source de tensions avec les Etats-Unis de Donald Trump.
M. Ajdari a jugé nécessaire une « régulation plus directive » et « verticale » des plateformes, car « la corégulation ne marche pas ». « Le monde a changé, on voit bien que les plateformes n'ont plus le même volontarisme » depuis l'élection de M. Trump, a justifié Benoît Loutrel, membre du collège de l'Arcom.
