L'éclipse annulaire au-dessus de New-York, le 10 juin 2021 © AFP Kena Betancur

L’éclipse annulaire au-dessus de New York, le 10 juin 2021 © AFP Kena Betancur

Les habitants de l’hémisphère nord ont pu admirer jeudi dans le ciel, en se protégeant les yeux, une éclipse solaire partielle qui a parcouru une bande d’environ 500 km courant du Canada à la Sibérie, en passant par l’Europe.

Au maximum de cette éclipse dite annulaire, la Lune s’est glissée lentement devant le Soleil, en laissant apparaître quelques instants un mince anneau lumineux derrière son disque noir, appelé « cercle de feu ». Ce beau spectacle était réservé aux quelques habitants des latitudes les plus élevées, situées dans la bande de centralité du phénomène, soit environ 2 % de la surface terrestre : nord-ouest du Canada, extrême nord de la Russie, nord-ouest du Groenland… Au-dessus de Qaanaq au Groenland, village le plus septentrional de la planète, l’occultation du disque était proche de 90 %.

Des curieux regardent l'éclispe partielle dans le ciel de Manhattan, à New York, le 10 juin 2021 © AFP Ed JONES

Des curieux regardent l'éclispe partielle dans le ciel de Manhattan, à New York, le 10 juin 2021 © AFP Ed JONES

Le phénomène était tout de même visible, mais seulement partiellement, au-dessus de l’Amérique du Nord, d’une grande partie de l’Europe, dont la France et la Grande-Bretagne, ainsi qu’une partie du nord de l’Asie. Il a duré environ deux heures entre 11 h et 13 h en France (9 h et 11 h GMT) métropolitaine, avec un maximum entre 11 h 55 et à 12 h 20. Les curieux et férus d’astronomie ont dû se protéger les yeux avec des lunettes spéciales, ou observer l’évènement par projection, car regarder directement le Soleil peut provoquer des brûlures rétiniennes irréversibles. À Londres, où la Lune a caché 20 % du Soleil, les observateurs ont pu apercevoir l’éclipse à travers les nuages. 

Les futures éclipses solaires dans le monde d'ici 2040

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En France, c’est dans le Nord que l’occultation était au plus fort, jusqu’à 16 % à Lille. À Arras dans le Pas-de-Calais, une centaine de personnes ont afflué sur la Place de la gare pour contempler l’éclipse via un « solarscope », instrument qui projette la lumière du Soleil sur un écran blanc, a témoigné Florent Deleflie, astronome à l’Observatoire de Paris-PSL, à l’initiative de cette animation. Il s’agit de la première éclipse annulaire de l’année 2021, et la seizième du XXIe siècle. Ce phénomène astronomique arrive en période de nouvelle Lune, lorsque Terre, Lune et Soleil sont parfaitement alignés. Si le diamètre apparent de la Lune est inférieur à celui du Soleil, une partie de la couronne de feu reste visible. Une éclipse totale, qui plonge brièvement une partie de la planète dans l’obscurité, se produit quand le diamètre de la Lune correspond exactement à celui du Soleil, vu depuis la Terre. Ce phénomène, plus rare, était notamment observable depuis la France en août 1999.

La prochaine éclipse totale aura lieu le 4 décembre, mais ne sera visible que depuis l’Antarctique.