la « grallaire danseuse »

La « grallaire danseuse »

Avec plus de 1 900 espèces d’oiseaux, la Colombie compte la plus grande diversité aviaire au monde. Une faune remarquable au sein de laquelle des ornithologues auraient tout de même réussi à identifier une nouvelle espèce endémique de la Valle del Cauca.

C’est dans ce département du sud-ouest que se cache un oiseau d’à peine huit centimètres appartenant au genre Grallaricula. Surnommé la « grallaire danseuse », il représente bien cette région du pays traversée par la cordillère des Andes. Car sa capitale – Santiago de Cali – est sacrée « capitale mondiale de la salsa ». Le surnom donné à la nouvelle espèce n’est donc pas anodin. « Si nous avons décidé de l’appeler ainsi, c’est aussi pour que les habitants l’affectionnent et s’engagent à veiller à sa conservation », confie Gustavo Londoño, chercheur à l’université Icesi en Colombie.

Si elle a plutôt la réputation d’être timide et silencieuse, rien n’empêche la grallaire danseuse – lorsqu’elle est posée sur une branche – de tortiller son corps rond de droite à gauche. Une danse amusante que les ornithologues ont observée pour la première fois en 2017 dans le parc national des Fallarones de Cali, et qu’ils peinent toujours à expliquer. « L’oiseau semble faire ce mouvement à l’approche de son nid, peut-être pour chasser ses prédateurs, avance Gustavo Londoño. Mais il danse aussi au moment de manger, ou encore quand on s’approche de lui », analyse-t-il. Les hypothèses sont nombreuses, mais tout porte à croire que le remuement de son buste lui confère différentes utilités. Des pistes que les ornithologues continueront de creuser pour mieux comprendre ce drôle de comportement qu’il partage avec d’autres espèces emblématiques, comme le manakin ou l’oiseau du paradis.