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Au moment où de nouveaux variants plus contagieux du coronavirus se répandent, il devient nécessaire de porter des masques de meilleure qualité, respectant des normes plus strictes, ou à défaut, un masque chirurgical superposé à un masque en tissu, selon de nombreux experts.

Des masques FFP2 dans une usine de production dans le sud de l'Allemagne, le 20 janvier 2021 © AFP/Archives Thomas Kienzle

Des masques FFP2 dans une usine de production dans le sud de l'Allemagne, le 20 janvier 2021 © AFP/Archives Thomas Kienzle

Les scientifiques conviennent aujourd'hui que le virus est principalement diffusé dans l'air, plutôt que via des surfaces contaminées. Et il existe de plus en plus de preuves que de très fines gouttelettes, pouvant être projetées jusqu'à plusieurs mètres lorsque quelqu'un parle ou respire - un peu comme de la fumée de cigarette - peuvent suffire à transmettre la maladie. 

Au début de la pandémie, lorsque les autorités ont recommandé le port de masques, ceux-ci n'étaient pas produits en assez grande quantité, et les protections « faites maison » à partir de tissus, parfois récupérés d'anciens T-shirts, étaient encouragées. Mais ces solutions sont loin d'être idéales. Alors comment faire mieux ?

Masque filtrant et... ajusté

« L'efficacité d'un masque dépend de deux choses : la filtration, et son ajustement », explique Linsey Marr, professeure à l'université Virginia Tech qui a étudié les maladies se transmettant par voie aérienne. « Une bonne filtration empêche autant de particules que possible de passer, et un bon ajustement veut dire qu'il n'y a aucune fuite sur les bords de votre masque, par lesquelles l'air, et donc le virus, peuvent passer », ajoute-t-elle. Même un petit espace peut conduire à une efficacité réduite de 50%, selon elle. 

Les types de masques de protection les plus utilisés face à l'épidémie du nouveau coronavirus © AFP Gal Roma

Les types de masques de protection les plus utilisés face à l'épidémie du nouveau coronavirus © AFP Gal Roma

Les meilleurs matériaux pour bloquer les très fines particules incluent le polypropylène non tissé, utilisé dans beaucoup de masques chirurgicaux ou les masques plus filtrants comme les KN95. 

Pour ce qui est des tissus, le coton très serré est ce qui marche le mieux, selon Linsey Marr. « Vous devriez sentir votre masque être aspiré vers l'intérieur lorsque vous inspirez, et si vous placez vos mains sur les côtés, vous ne devriez pas sentir d'air sortir lorsque vous expirez », explique la scientifique.

Les masques comportant une tige en métal permettent de mieux épouser la forme du nez, et ils sont mieux ajustés lorsque les élastiques font le tour de la tête, et non seulement des oreilles.

Deux masques valent mieux qu'un

« Si vous portez un masque en tissu, choisissez-en un qui a de multiples couches, idéalement avec une petite poche qui permette de glisser un bon filtre à l'intérieur », recommande la chercheuse. « Ou bien vous pouvez le doubler, en portant un masque chirurgical sous un masque en tissu. » 

Différentes manières de porter des masques pour filtrer au maximum les particules © AFP / Maryam El Hamouchi

Différentes manières de porter des masques pour filtrer au maximum les particules © AFP / Maryam El Hamouchi

Les masques chirurgicaux sont faits d'un matériau qui filtre bien, mais ils ont tendance à être assez lâches. Ajouter un masque en tissu peut donc permettre de maintenir ses bords contre le visage, réduisant ainsi les fuites. Ajouter une couche améliore aussi la filtration - si une couche retient 50% des particules, en ajouter une seconde permettra d'atteindre 75%. 

Mais « nous ne recommandons pas de porter plus de deux masques » l'un sur l'autre, ajoute-t-elle. « Cela peut compromettre la capacité à bien respirer. Or cela doit rester facile de respirer, sinon, l'air aura plus de chance de s'échapper par les trous sur les côtés du masque. »

Masques de qualité médicale

Autre option: les masques KN95, ou FFP2 selon les pays, souvent jusqu'ici réservés aux soignants. Ce sont les masques les plus filtrants. « Ils procurent tous un niveau similaire de filtration, pour les particules qui entrent comme pour celles qui sortent », explique Ranu Dhillon, médecin au Brigham and Women's Hospital et à la Harvard Medical School.

Il milite en faveur de meilleurs masques depuis le printemps, et regrette le peu d'informations données au public sur leurs bénéfices. « Il n'y a pas eu d'effort concerté pour vraiment les produire et les distribuer en masse », déplore-t-il.