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Le supercalculateur Jean Zay : il pourrait désormais faire partie du Top 10 des ordinateurs les plus puissants au monde © Cyril Fresillon/IDRIS/CNRS Photothèque

Depuis sa mise en service en janvier 2020, le supercalculateur Jean Zay a gagné 12 pétaflops. Avec ses 28 pétaflops, soit 28 millions de milliards d’opérations par seconde, il décroche un nouveau record à la suite de son extension cet été.

Sa puissance de calcul est générée par plusieurs dizaines de milliers de cœurs de calcul, dont plus d’un millier de processeurs spécialisés dans l’accélération du calcul, appelés GPU. Côté stockage de données, Jean Zay — ainsi nommé en hommage à l’un des fondateurs du CNRS — permet grâce à sa structure un accès aux données extrêmement rapide, avec des débits proches de 0,5 téraoctet (To) par seconde. Au plan énergétique, il est particulièrement performant et innovant : grâce à sa technologie de refroidissement à eau tiède de dernière génération, les calories produites sont récupérées pour chauffer le bâtiment CNRS de l’Idris (centre de calcul intensif du CNRS où il est installé) et bientôt les bâtiments de l’université Paris-Saclay.

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Alors que les supercalculateurs sont généralement spécialisés dans le calcul scientifique, aussi appelé calcul haute performance (HPC), Jean Zay présente une particularité : il y a été adjoint une partition consacrée spécifiquement à l’intelligence artificielle (IA). C’est donc le premier supercalculateur français dit « convergé » offrant ainsi des capacités de calculs de plus en plus puissantes. Ce type de machine est utilisé dans des domaines scientifiques variés nécessitant des simulations complexes qui impliquent un très grand nombre de variables,  tels que les prévisions météorologiques, les modélisations climatiques et économiques, ou encore la recherche en biologie moléculaire et en physique nucléaire. Dès le mois d’avril, Jean Zay a été même été mis à contribution pour étudier la structure moléculaire de la Covid-19.

Estimé par le CNRS autour de la dixième place mondiale selon le dernier classement Top 500 des superordinateurs les plus puissants au monde, il reste cependant loin derrière les meilleurs calculateurs japonais, américains et chinois, qui sont déjà quatre à dépasser 100 pétaflops en puissance crête. Néanmoins son architecture préfigure celles des machines exaflopiques (capables de faire 1 milliard de milliard d’opérations) à venir.