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Écarts de températures en été (juin-août) en Europe de 1950 à 2021 par rapport à la période de référence 1991-2020, selon les données E-OBS et ERA5 publiées par Copernicus © AFP Sylvie HUSSON

Écarts de températures en été (juin-août) en Europe de 1950 à 2021 par rapport à la période de référence 1991-2020, selon les données E-OBS et ERA5 publiées par Copernicus © AFP Sylvie HUSSON

La mise à jour des « normales climatiques », dites saisonnières, par Météo-France, opérationnelle mardi, dessine une France un peu plus chaude, particulièrement dans l’est, où les gelées se font moins fréquentes, et où les sols deviennent parfois plus secs.

Tous les dix ans, Météo-France met à jour la période de référence pour ses « normales climatiques », plus couramment qualifiées de « saisonnières », pour s’aligner sur les recommandations de l’Organisation météorologique mondiale (OMM).

Sur la nouvelle période de référence 1991-2020, la nouvelle normale de température moyenne annuelle en France est de 12,97 °C, en hausse d’un peu plus de 0,4 °C par rapport à la période de référence précédente 1981-2010 (12,55 °C), selon Météo-France.

Les normales climatiques, produits statistiques, permettent de « caractériser le climat » sur une période donnée, par convention une période de 30 ans, et « servent de référence pour analyser les événements climatiques en temps réel », expliquent les services météo français.

C’est au printemps et en été que la hausse de la nouvelle normale de température annuelle est la plus forte. Elle est par ailleurs légèrement plus marquée sur l’est continental (Grand-Est et Bourgogne–Franche-Comté) et un peu moindre sur les zones littorales (Bretagne et Corse).

La température annuelle moyenne était de 11,82 °C entre 1961 et 1990, période que l’OMM recommande de prendre comme référence pour la communication sur le changement climatique.

En outre-mer, la hausse de cet indicateur est un peu moins forte, et elle baisse même à la station polaire de Dumont d’Urville (Antarctique), de 0,2 °C.

Par rapport à la période précédente, le nombre de jours de forte chaleur (température maximale supérieure ou égale à 30 °C) augmente notamment à Nîmes (+8 jours), Figari (+9) ou Marignane (+10).

Ces changements de normales climatiques ne remettent pas en cause les seuils de vigilance canicule, qui « sont calculés par rapport à des indices biométéorologiques », en collaboration avec Santé publique France et d’autres agences, explique Matthieu Sorel, climatologue à Météo-France.

Le nombre de jours de gelées (température inférieure à 0 °C) est quant à lui en baisse, de 8 jours à Troyes, Poitiers, Langres ou Chambéry, et jusqu’à 10 jours à Lyon.

De son côté, le cumul moyen de précipitation évolue peu (une fourchette entre 911 et 935 mm au fil des actualisations), sauf dans le nord-est où ce cumul moyen diminue plus notablement. 

En PACA et Corse à l’inverse, les précipitations moyennes augmentent notamment pendant la période de recharge des nappes phréatiques (septembre à mars).

Dans le Rhône, la rivière Salindres totalement asséchée, le 17 juin 2022 © AFP/Archives OLIVIER CHASSIGNOLE

Dans le Rhône, la rivière Salindres totalement asséchée, le 17 juin 2022 © AFP/Archives OLIVIER CHASSIGNOLE