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La ménopause prématurée augmente le risque de problèmes de santé à la soixantaine © AFP/Archives Mychèle Daniau

Les femmes qui connaissent une ménopause précoce, à l’âge de 40 ans ou moins, ont trois fois plus de risques de développer des problèmes médicaux chroniques et multiples à la soixantaine que celles qui l’ont à 50 ou 51 ans, selon une étude publiée lundi dans la revue Human Reproduction

« Les professionnels de santé devraient envisager un dépistage et une évaluation complets des facteurs de risque lorsqu’ils traitent des femmes dont la ménopause est précoce », commente Gita Mishra, chercheuse à l’université de Queensland à Brisbane (Australie) et auteur principal de l’article. Or, comme l’espérance de vie des femmes dans les pays à revenus élevés est maintenant de plus de 80 ans, un tiers de la vie d’une femme se déroule après la ménopause.

L’étude a porté sur plus de 5 000 femmes australiennes âgées de 45 à 50 ans en 1996 et suivies jusqu’en 2016. L’analyse se limite aux ménopauses naturelles (les ménopauses prématurées consécutives à intervention chirurgicale ont été exclues). Toutefois, d’autres études sur d’autres populations sont nécessaires pour valider ces résultats, reconnaissent les chercheurs.

Les femmes ont répondu à une première enquête en 1996, à une deuxième deux ans après, puis tous les trois ans jusqu’en 2016. Elles pouvaient ainsi indiquer si elles avaient été diagnostiquées ou traitées pour l’un des onze problèmes de santé suivants au cours des trois dernières années : diabète, hypertension artérielle, maladies cardiaques, accident vasculaire cérébral, arthrite, ostéoporose, asthme, maladie pulmonaire chronique (BPCO), dépression, anxiété ou cancer du sein. 

Les femmes étaient considérées comme ayant une multimorbidité si elles souffraient d’au moins deux de ces pathologies.

Lors des vingt années observées, 2,3 % des femmes ont eu une ménopause prématurée et 55 % ont développé une multimorbidité. Par comparaison avec les femmes ménopausées à 50-51 ans, celles qui l’ont été prématurément étaient donc deux fois plus susceptibles d’avoir une association de pathologies ou mulitmorbidité à l’âge de 60 ans et trois fois plus à partir de 60 ans.

La ménopause prématurée reste associée à ce risque accru, même après prise en compte d’autres facteurs qui pourraient affecter les résultats (le fait d’avoir ou non des enfants, le nombre d’enfants, l’éducation, le surpoids, le tabagisme, l’activité physique...). 

L’étude ne montre pas que la ménopause prématurée est la cause de la multimorbidité, mais seulement qu’elle y est fortement associée.