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Un marché de nuit à Wuhan, en Chine, le 3 juin 2020 © AFP/Archives TR

Un bond dans les recherches internet des symptômes du Covid-19 et dans l’affluence aux hôpitaux de la ville de Wuhan laissent penser que la maladie a pu apparaître dès août 2019, selon les résultats d’une étude préliminaire américaine. 

Le coronavirus a été identifié pour la première fois dans un marché de Wuhan, en Chine, où des animaux sauvages étaient vendus vivants, en décembre 2019. Des experts ont ensuite déterminé qu’une version génétique antérieure du virus avait émergé à la mi-novembre 2019. Un article du quotidien hongkongais South China Morning Post a rapporté qu’un « patient zéro » avait été trouvé le 17 novembre, selon des données gouvernementales. 

La nouvelle étude – qui n’est pas encore parue dans une publication – a été réalisée selon une méthodologie récente dite « d’épidémiologie digitale ». 

L’équipe, menée par Elaine Nsoesie, de l’université de Boston, a analysé 111 images satellite de Wuhan sur une période allant de janvier 2018 à avril 2020. « Une forte augmentation de l’affluence a été détectée dès août 2019 » sur les parkings des hôpitaux de Wuhan, « culminant avec un pic en décembre 2019 », ont noté les auteurs de la recherche. 

Les chercheurs ont aussi dénombré les symptômes les plus interrogés sur le moteur de recherche chinois Baidu. Ils ont constaté un bond, dans les recherches, du mot « toux », pouvant correspondre à la grippe saisonnière, mais aussi du mot « diarrhée », un symptôme plus spécifique du Covid-19. « En août, nous avons constaté un accroissement significatif des recherches liées à la diarrhée qui n’avait jamais été observé lors des grippes saisonnières précédentes, ou qui ne se reflétait pas dans les données concernant les recherches sur la toux », expliquent les scientifiques. 

Si les symptômes les plus connus du coronavirus sont respiratoires, l’étude suggère que la diarrhée « pourrait jouer un rôle important dans la transmission communautaire » de la maladie. Les auteurs ont conclu que s’ils n’étaient pas en mesure d’affirmer de manière définitive que les données relevées étaient liées au Covid-19, l’étude corroborait les résultats d’une autre recherche sur le sujet. « Elle renforce aussi l’hypothèse selon laquelle le virus est apparu de manière naturelle dans le sud de la Chine et qu’il circulait déjà lors de l’apparition du foyer épidémique de Wuhan », notent-ils.