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Demandez à Siri ce qu’il pense du sujet : il vous répondra « c’est votre opinion qui compte » © DR

Contraint de se mettre en conformité avec la réglementation européenne et de répondre aux inquiétudes des consommateurs, Google a annoncé vendredi 2 août mettre en pause son programme d’évaluation des requêtes formulées à Google Assistant pendant trois mois dans l’Union européenne. Apple fait de même avec Siri à l’échelle mondiale… et demandera son consentement à l’utilisateur pour reprendre ces analyses. 

Alexa, Siri, Google et d’autres assistants vocaux numériques accompagnent déjà un tiers des Américains dans leur vie quotidienne et leur usage se développe en Europe. La France, par exemple, comptait 1,7 million d’utilisateurs d’un assistant vocal fin 2018, selon Médiamétrie. Or les échanges avec les assistants vocaux sont parfois écoutés par des humains, à l’insu des utilisateurs, dans le but de perfectionner les machines. C’est la découverte de telles pratiques qui a conduit Google et Apple aux annonces du 2 août, ainsi qu’une demande en ce sens de l’Autorité allemande de protection des données. 

« Les gens s’imaginent que les assistants vocaux numériques vont s’améliorer comme par magie, en faisant de l’apprentissage automatisé tous seuls, commente Carolina Milanesi, analyste chez Creative Strategies, or nous n’en sommes qu’au début de l’intelligence artificielle, l’intervention humaine reste très importante. Mais il faut une transparence absolue pour les utilisateurs, et ils doivent pouvoir choisir de participer à cet apprentissage de la machine ou pas ».

En mai dernier, déjà, Amazon avait annoncé l’ajout de fonctionnalités pour demander à Alexa d’effacer ses enregistrements ou aveugler la caméra.