Découvrez les 1325 actus du blob
image légendée

Les nanoplastiques, ces morceaux de plastique inférieurs au millième de millimètre présents dans l’environnement marin, ont un impact sur la reproduction des huîtres creuses © AFP/Archives Damien Meyer

Les nanoplastiques, ces morceaux de plastique inférieurs au millième de millimètre présents dans l’environnement marin, ont un impact sur la reproduction des huîtres creuses, selon l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer). 

Une équipe de chercheurs de l’Ifremer et de l’unité mixte de recherche LEMAR (Laboratoire des sciences de l’environnement marin, CNRS, UBO, IRD et Ifremer) a, à titre expérimental, exposé des cellules reproductrices mâles d’huîtres creuses à quatre doses de nanobilles de polystyrène de 50 nanomètres durant une heure, explique l’Ifremer dans un communiqué.

A partir d’une certaine dose, les nanoplastiques les plus toxiques ont induit une diminution de 79 % du pourcentage de spermatozoïdes mobiles, selon cette étude publiée fin août dans le journal Nanotoxicology. Les spermatozoïdes mobiles restants ont, eux, subi une diminution de leur vitesse de nage de 62 %, menant à une baisse de leur succès reproducteur de 59 %. Conclusion : les nanoplastiques « réduisent la viabilité des spermatozoïdes », d’où une « diminution du nombre d’embryons », a expliqué à l’AFP Kévin Tallec, à la tête de l’équipe de chercheurs. L’huître creuse Crassostrea gigas a une fécondation externe, c’est-à-dire que pour se reproduire, elle doit expulser ses cellules reproductrices dans l’eau. Elle est donc particulièrement sensible aux aléas environnementaux et à la qualité des eaux. 

Depuis des années, la communauté scientifique s’intéresse aux effets biologiques liés à l’ingestion de petites particules de plastique, appelées microplastiques, déchets présents dans tous les environnements aquatiques. Aujourd’hui, la question se pose concernant les nanoplastiques, issus de la fragmentation de déchets de plus grande taille déjà présents dans l’environnement marin et potentiellement issus d’un rejet direct de déchets nanométriques dans l’environnement (cosmétiques, abrasifs industriels, imprimantes 3 D...).

« Aujourd’hui, on ne connaît pas les concentrations de nanoplastiques dans l’eau de mer et ce doit être une des priorités de recherche dans les années à venir, a souligné Kévin Tallec. La quantité de nanoplastiques est probablement plus faible dans l’environnement » que dans le cadre expérimental. En conséquence « le risque environnemental » lié à ces nanoplastiques est sans doute « limité ». En attendant le résultat de recherches supplémentaires.