Comment les nanocorps attaquent la protéine Spike © CWRU

Comment les nanocorps attaquent la protéine Spike © CWRU

Les nanocorps du SARS-COV-2 sont incroyablement efficaces pour protéger du virus et de toutes les mutations des variants. Un an après la découverte de ces anticorps chez les lamas, on comprend mieux les mécanismes de protection que mettent en œuvre ces molécules pour se défendre. À l’époque, des chercheurs avaient immunisé un lama en lui inoculant des morceaux du virus. Deux mois plus tard, l’animal produisait des nanocorps, capables de neutraliser les variants Delta ou Alpha du Covid-19. Les responsables ? De microscopiques anticorps que l’on retrouve chez les animaux, dix fois plus petits que les anticorps monoclonaux conventionnels.

Dans une analyse structurelle, à un niveau proche de l’atome, réalisée grâce à un cryomicroscope haute-définition, publiée le 3 août dans Nature Communications, les chercheurs décrivent trois mécanismes différents qui permettent à ces nanocorps de désarmer le virus, l’empêchant d’infecter des cellules.

Leurs résultats ouvrent des pistes pour de nouveaux vaccins, traitements ou remèdes contre tous les coronavirus et ses variants, actuels ou futurs.

« C’est la première fois que quelqu’un parvient à classifier de manière systématique ces nanocorps à partir de leur structure, » explique Yi Shi, un des auteurs de l’étude et maître de conférences en biologie cellulaire à l’université de Pittsburgh. « En comprenant comment ils fonctionnent pour vaincre le virus, on comprend aussi quelle direction suivre pour concevoir des traitements. »

Ces nanocorps interagissent donc de trois manières différentes avec les protéines Spike, qui encerclent le virus.

Le premier groupe supplante la partie de la cellule humaine à laquelle s’attache la protéine Spike, l’empêchant ainsi de rentrer dans la cellule.

Le deuxième se lie à une région de Spike commune à beaucoup de coronavirus, qui a résisté à différentes mutations. Il semblerait donc qu’elle puisse aussi neutraliser d’autres coronavirus ou des variants.

Le troisième s’attache à un autre endroit de Spike, inaccessible des anticorps traditionnels, trop gros. En se liant à cette zone, l’anticorps empêche la protéine de tenter une entrée dans les cellules du corps.

Pour Yi Shi, ces vulnérabilités peuvent permettrede trouverun vaccin universel, « qui fonctionnerait contre les SARS, les MERS, et même d’autres maladies causées par les coronavirus. » C’est là tout le potentiel de cette découverte.

Une premiere classification des nanocorps © CWRU

Une premiere classification des nanocorps © CWRU