Virus du Nil occidental : les cas autochtones augmentent encore dans une année record
Publié le - par Le Blob avec l'AFP

L'automne est arrivé dans l'Hexagone mais le nombre de cas autochtones de virus du Nil occidental (ou West Nile) continue d'augmenter en France, à un rythme toutefois ralenti, selon un nouveau bilan de Santé publique France (SpF).
Au 2 novembre, 212 cas autochtones d'infection à virus West Nile, soit 11 de plus que la semaine précédente, ont été identifiés en France hexagonale, indique son bulletin hebdomadaire sur la surveillance renforcée des arboviroses.
C'est plus du triple que sur toute l'année 2025, déjà record avec 62 cas autochtones de cette infection transmise par le moustique commun, appelé Culex, de début mai à fin novembre.
Après un pic de circulation les deux dernières semaines d'août et la première semaine de septembre, l'épidémie suit depuis une phase descendante.
Parmi les 212 patients infectés jusqu'ici, 177 ont présenté des symptômes. Et, parmi ces derniers, 82 ont eu des formes neuro-invasives, dont six sont décédés, détaille SpF, précisant toutefois que les données disponibles à ce stade ne permettent pas d'attribuer avec certitude ces décès au virus.
Généralement sans symptôme ou à l'origine d'un état grippal, cette infection peut entraîner dans environ 1% des cas de graves complications neurologiques, parfois mortelles, surtout chez des personnes âgées ou immunodéprimées.
Il n'existe actuellement ni vaccin commercialisé pour les humains, ni traitement préventif.
La circulation du virus du Nil occidental, longtemps concentrée autour de l'arc méditerranéen, ne cesse de s'étendre sur le territoire, sous l’effet du réchauffement climatique mais aussi d'autres modifications environnementales favorisant la prolifération des moustiques vecteurs.
Cette année, des cas humains autochtones ont été détectés pour la première fois dans 16 départements métropolitains : Aude, Tarn, Hauts-de-Seine, Seine-et-Marne, Yvelines, Drôme, Rhône, Isère, Ain, Allier, Loire-Atlantique, Maine-et-Loire, Vendée, Mayenne, Loiret et Deux-Sèvres.
"2026 a été une année exceptionnelle pour le West Nile", a observé Florian Franke, épidémiologiste à Santé publique France, lors d'une conférence de presse organisée par l'ANRS-MIE jeudi dernier, notant que l'"explosion de cas" touche de nombreux pays européens.
Depuis le début de la saison d'activité des moustiques, plus de 2.000 cas ont été détectés dans vingt pays d'Europe, Italie (780 cas) et Grèce (463 cas) en tête, selon le dernier bilan du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).
"L'épidémiologie de ce virus est très imprévisible, très évolutive. Il est difficile de dire ce qui va se passer en 2027, mais la tendance sur les dernières années est à la hausse de la circulation" et "ça ne va certainement pas aller en s'arrangeant", a souligné Florian Franke.
