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Kane Tanaka, Japonaise âgée de 118 ans – ce qui en fait la personne la plus vieille du monde dont l’âge ait été vérifié – fête ses 116 ans le 9 mars 2019 à Fukuoka © Jiji Press/AFP/Archives Jiji Press

L’être humain peut probablement vivre jusqu’à 130 ans, voire au-delà, même si une telle possibilité reste infime, selon une étude sur le sujet publiée hier. La durée maximale de longévité humaine reste un sujet de débat, des études récentes la fixant à 150 ans, d’autres excluant le principe même d’une limite.

L’étude publiée dans la revue Royal Society Open Science analyse de nouvelles données sur les super-centenaires – ceux âgés de 110 ans et plus – et les individus âgés de plus de 105 ans. Si le risque de décéder s’accroît normalement avec l’âge, l’analyse des chercheurs conclut qu’il atteint ensuite un plateau dans le très grand âge, avec une probabilité de 50 %. « Au-delà de 110 ans, on peut comparer la probabilité de vivre une année supplémentaire à celle consistant à jeter une pièce en l’air, explique Anthony Davison, professeur de statistiques à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, qui a signé l’étude. Si la pièce retombe sur face, alors vous fêterez encore un anniversaire, et si non, vous mourrez dans l’année ». 

Sur la foi des données disponibles, il paraît ainsi probable que l’Homme puisse atteindre 130 ans, mais en les extrapolant cela « impliquerait qu’il n’y a pas de limite à la longévité humaine », selon l’étude. Ces conclusions s’accordent avec des analyses statistiques similaires effectuées sur des données concernant des personnes très âgées. Mais l’étude les « renforce et les précise », selon M. Davison, grâce à de nouvelles données.

Son équipe a étudié de nouvelles informations dans la Base de données internationale sur la longévité (IDL), relatives  à plus de 1100 super-centenaires venus de 13 pays. Elle a aussi utilisé celles venant d’Italie, touchant toutes les personnes qui étaient âgées d’au moins 105 ans entre janvier 2009 et décembre 2015.

M. Davison a défendu la méthode de son étude, qui fonctionne par extrapolation des données existantes, et non sur des critères médicaux : « Toute étude de l’extrême grand âge, qu’elle soit statistique ou médicale, implique de l’extrapolation. Nous avons pu montrer que s’il existe une limite sous les 130 ans, nous aurions dû la trouver par l’utilisation des données disponibles », dit-il. Mais même s’il n’y a pas de limite, les chances d’atteindre ou dépasser 130 ans restent infimes.

Selon les calculs réalisés par l’étude, les chances pour un humain âgé de 110 ans d’en atteindre 130 sont « d’environ une sur un million… pas impossible mais très improbable », selon M. Davison. Il pense cependant que l’humanité sera témoin d’un tel exploit au cours de ce siècle, le nombre croissant de super-centenaires augmentant la probabilité que l’un d’eux atteigne 130 ans. « Mais en l’absence d’avancées médicales ou sociales majeures, atteindre un âge bien au-delà a peu de chance de jamais être observé », selon lui.

À ce jour, la plus vieille personne enregistrée reste la Française Jeanne Calment, morte en 1997 à l’âge de 122 ans. Un chiffre contesté par certains, puis confirmé par de nombreux experts en 2019. Les prétendants au trône ont encore du chemin à parcourir. La plus vieille personne vivante, et dont l’âge est vérifié, est une Japonaise de 118 ans, Kane Tanaka.