Ils font régulièrement la une des journaux. Les faits divers, 6 français sur 10 les suivent avec intérêt. Et derrière les affaires, il y a la science. Quelles sont les toutes dernières technologies au service des enquêtes ? Et pourrons-nous à l'avenir les résoudre plus rapidement ? On vous emmène sur le terrain.
Notre enquête débute à Paris et elle va vous surprendre. À la Sorbonne Université, Laurence Le Callonnec est une collectionneuse de sable. Ces grains sont minuscules et sont parfois un indice clé pour les enquêteurs.
Les gens n'ont pas conscience qu'en marchant, on va récupérer sous les semelles de chaussures, dans les plis des pantalons, dans les chaussettes, des témoins de la surface sur laquelle on a marché. Et ces témoins-là vont pouvoir indiquer à quel endroit vous vous trouviez, à quel moment, puisque chaque sol a une spécificité qui lui est propre.
Tenez, ces sables de Bretagne, ils vous paraissent identiques ? Pas vraiment. À gauche, voici la vue à la loupe du sable de Kerlouan. À droite, celui de Pleneuf.Cette chercheuse sait parfaitement les différencier.
Le premier critère, c'est sa couleur. La couleur qui va dépendre de la nature des grains.Le deuxième critère, c'est la granulométrie, c'est-à-dire les différentes fractions qui composent le grain et qui ont des tailles différentes. Et enfin, le dernier critère qui va caractériser un sable, c'est la proportion des grains qui le composent. Par exemple, la proportion de quartz, la proportion de calcite, la proportion d'olivine.
Quand la géologie se met au service des enquêtes, c'est ce qu'on appelle la géophorencique, une discipline utilisée souvent en complément d'analyses plus classiques.
À la différence de l'ADN, l'ADN, ça donne un individu. Le sable ne donne pas un individu, il donne un lieu et un mode de formation. Donc c'est moins univoque, mais c'est quand même un indice très fort.
Exemple dès les années 80 avec l'affaire du petit Grégory. Dans les Vosges, les enquêteurs ont analysé le sable retrouvé sur les vêtements du petit garçon. Ils l'ont comparé avec des échantillons prélevés dans la région. Cela a permis d'écarter certaines pistes. Mais aujourd'hui, les technologies évoluent. Cette machine, par exemple, s'est démocratisée en laboratoire. Elle permet la granulométrie laser. En clair, elle envoie des faisceaux lasers sur le sable.
C'est une technique qui est assez précieuse, dans le sens où on va pouvoir caractériser beaucoup plus finement un sable par sa constitution en termes de proportions de particules, de tailles de particules qui constituent ce sable. Le sable de Carnac, eh bien on voit qu'il est constitué principalement que d'une taille dominante qui est autour de 200 micromètres de diamètre.
Et il n'y a pas que la géologie qui permet d'élucider des affaires. C'est désormais le cas grâce à la réalité virtuelle.
Avec ces casques, ces enquêteurs sont projetés dans une scène de crime reconstituée en 3D. C'est la dernière technologie de l'Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale.
L'intérêt de pouvoir s'immerger à plusieurs dans cet environnement virtuel, il y en a plusieurs, ça peut être une scène qui a été complètement détruite, donc finalement ça devient la seule possibilité d'y aller. C'est aussi la possibilité de faire intervenir plusieurs experts de différents domaines dans l'environnement, dans le jumeau numérique, sans que les différents experts soient obligés de se déplacer sur les lieux.
Une visualisation interactive. Grâce à leurs doigts, les enquêteurs peuvent avoir accès à tous les documents du dossier.
Lorsqu'on vit ce scellé et qu'on actionne, on aura la possibilité d'avoir une photo, de pouvoir zoomer sur cette photo, donc la photo du scellé. Pourquoi pas, on pourrait aussi y joindre des rapports au format pdf avec des résultats d'analyse de ces scellés.
Une prouesse rendue possible grâce à ce drone. Il permet de réaliser de la photogrammétrie.
Il va avoir un capteur gps plus précis que les drones civils classiques. On va utiliser ce drone pour faire ce qu'on appelle un plan de vol programmé. Il va faire un arpentage par bande au-dessus de la zone, prendre des photos régulièrement espacées. Ces photos se recouvrent les unes sur les autres.
Sur l'ordinateur, les centaines de photos sont compilées pour former un nuage de points.
Ici, on a les différentes positions du drone quand il va prendre les différentes photos. Le point rouge ici, c'est un point qui est au sol, mais qui est vu par toutes les photos qui sont après désignées par chacun des traits jaunes que l'on voit ici à l'écran.
Une technologie qui reste utilisée au cas par cas. Et là où il y a d'autres progrès, c'est en biologie.
L'ADN, c'est notre carte d'identité. Chacun a le sien. Dans ce laboratoire de la gendarmerie, plus de 600 analyses sont réalisées par jour. Une phase désormais miniaturisée avec ce kit de prélèvement.
Techniquement, on va collecter l'échantillon, on va le mettre au niveau de sa fente. On va avoir également ce qu'on appelle une lise cellulaire. Donc on va casser les cellules pour libérer l'ADN.Cet ADN va être amplifié tout le temps dans cette cartouche pour qu'il soit vu par le capillaire. Et ensuite, il va être injecté dans le capillaire, une sorte de fil de guitare pour que l'automate interprète ce profil.
Cet automate analyse un échantillon en seulement 90 minutes, mais seulement un par un. 12 machines comme celles-ci sont déjà en service dans les départements d'outre-mer. Des territoires éloignés du laboratoire de Métropole.
Cette réponse rapide, on ne l'avait pas pour les outre-mer, puisqu'il faut déjà que le prélèvement nous parvienne.Tout simplement, cet acheminement, il peut prendre facilement des mois. Donc pour qu'il n'y ait pas de trou dans cette raquette, pour qu'on ait cette compétence à traiter rapidement des prélèvements génétiques, même venus des outre-mer, on a déployé cet automate rapide pour assurer la sécurité et la manifestation de la vérité, même sur ces territoires d'outre-mer.
Prochain outil d'investigation à l'étude, la généalogie génétique retracant les liens familiaux. Une pratique encore interdite en France, mais qui pourrait à l'avenir être utilisée pour les crimes les plus graves.