Petite histoire du cinéma scientifique Dernière diffusion le

Eugène-Louis Doyen, bistouri et caméra

Un épisode de la série « Petite histoire du cinéma scientifique ».

Réalisation : Robert Nardone

Production : Cité des sciences et de l'industrie

Année de production : 2009

Durée : 4min01

Accessibilité : sous-titres français

Eugène-Louis Doyen, bistouri et caméra

TITRE

Eugène Doyen

Bistouri et Caméra

Durée (avec générique début et fin) 03:52

Duration (with credits)

Liste des dialogues

Dialog list

PARIS 31 juillet 1914

00:11

Par cette douce soirée estivale, le bien nommé Villain se dirige vers le Café du croissant, des coups de feu claquent. Villain vient d'assassiner Jaurès le directeur du journal L'Humanité de deux balles en pleine tête.

Le chirurgien Eugène Doyen est appelé au chevet de la victime. Mais il est trop tard. Jaurès mort, Doyen perdait un ami."

00:36

Si Doyen fut appelé au chevet de Jaurès, c'est qu'il était un chirurgien de renommée mondiale. Sa vitesse d'exécution, sa virtuosité était légendaire. Outre les étudiants, on se pressait dans son bloc pour le voir opérer."

00:49

Fougueux et solitaire, ses méthodes ne plaisent pas aux institutions académiques à qui il fait de l'ombre. Il balaye d'un revers de main parfois brutal, des méthodes qu'il juge archaïque.

Doyen ne cesse d'inventer. Il s'intéresse à la photomicroscopie et met au point un système ingénieux. Sa table d'opération, communément appelé lit Doyen, est l'ancêtre des tables modernes.

01:13

Doyen est aussi célèbre pour sa vie mondaine. On dit qu'il inspira le romancier Marcel Proust pour l'un des personnages de son roman.  Il est aussi dans le collimateur de la presse qui se déchaîne sur cet homme au franc parlé et aux nombreuses conquêtes féminines. Mais Doyen est au-dessus de ça. Aussi studieux que ludique, c'est un homme curieux. Aucune des inventions de son époque ne lui est étrangère.

01:41

L'invention du cinématographe des frères Lumière ne lui échappe pas. Déjà passionné par les possibilités que lui offrent la photographie dans ses recherches médicales, il va se précipiter sur cette nouvelle invention dont la politique s'est déjà emparée."

01:57

La France se déchire. L'affaire Dreyfus transforme tout repas de famille en véritable pugilat.

C'est dans ce climat délétère, de plus en plus isolé par l'académie de médecine, que Doyen organise les premiers tournages et les premières projections de ses opérations chirurgicales. Le Congrès de chirurgie de Paris lui interdit de présenter ses films.  Les scientifiques refusent alors de mélanger la chirurgie et le cinématographe. Il est vrai qu'Emil Cohl faisait déjà des dessins animés. Ce qui n'est pas très sérieux.

02:32

Doyen s'entête et profite des projections pour vider le bloc opératoire de ses étudiants et des curieux. Mais le cinéma a déjà pris deux voies bien distinctes, justifiant la méfiance des scientifiques."

02:45

Un assistant malveillant, vole des films de Doyen. Il va les présenter dans les fêtes foraines où s'élèvent depuis peu les théâtres cinématographiques. Les opérations chirurgicales du Docteur Doyen font un tabac. C'est l'époque où l'on exhibe des nains et des géants, des femmes à barbe et de hommes troncs, des elephant man et des sœurs siamoises. C'est aussi l'époque des premiers films burlesques truffés d'effets spéciaux. Les débuts du cinéma populaire.

03:12

Avec ses films, Doyen a fait d'une pierre deux coups. Il a contribué à l'élaboration d'un bloc opératoire moderne en le débarrassant des spectateurs. Il a inauguré un  genre cinématographique qui va avoir de beaux jours devant lui, le cinéma scientifique destiné à l''enseignement.

Réalisation : Robert Nardone

Production : Cité des sciences et de l'industrie

Année de production : 2009

Durée : 4min01

Accessibilité : sous-titres français