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3 questions sur... la lutte contre la récidive du cancer

C’est un défi majeur en cancérologie : la persistance de cellules malades après les traitements, indétectables mais susceptibles de déclencher une récidive des mois ou des années après. Deux publications sont consacrées ce mois-ci à ces cellules dites « persistantes » et aux pistes thérapeutiques pour les combattre. Les explications d’un des auteurs, le Pr Caroline Robert, chef du service dermatologie à Gustave-Roussy (Villejuif).

Réalisation : Barbara Vignaux, Anaïs Poncet

Production : Universcience

Année de production : 2020

Durée : 2min48

Accessibilité : sous-titres français

3 questions sur... la lutte contre la récidive du cancer

Ce n'est parfois pas très clair, pour les patients, la surveillance, pourquoi on l'a fait. Parce qu'on sait qu'il y a ce risque de récidive, même si à un moment T donné, on ne voit plus rien. Les cellules cancéreuses persistantes sont des cellules qui sont invisibles à l'œil nu invisibles au scanner, qui ne sont pas palpables, qu'on ne peut pas voir, ni à l'examen clinique ni avec tous nos outils de radiologie hyper perfectionnés. Elles subsistent après qu'on ait administré un traitement. On peut croire que tout a disparu et malheureusement elles sont très souvent les sources de rechute, même des années après. Elles font du camouflage, elles changent d'identité, c'est pour ça qu'elles sont sournoises et qu'on les a appelées, dans notre revue, les "survivants qui tuent". Nous avons démontré qu'elles se nourrissent différemment des autres cellules cancéreuses, de celle qui prolifèrent très vite. Leur source d'énergie n'est pas le glucose. Elles se nourrissent, si je peux dire ainsi, d'acides gras qu'elles oxydent, et cette oxydation des acides gras a même lieu dans certains sous-compartiments de la cellule qu'on a bien identifiés. On s'est aperçu que quand on donne un médicament qui inhibe cette oxydation des acides gras, cette réaction biochimique, et bien on a une efficacité extrêmement augmentée de nos traitements ciblés anti-mélanome. Ça a été démontré sur des cellules et sur des modèles expérimentaux de souris. Alors qu'elles diminuent la traduction de la plupart de leurs ARN messagers, elles augmentent la traduction d'un tout petit sous-groupe d'ARN messagers, qui sont bien utiles pour aller éventuellement créer des mutations, et quand on a donné des traitements en alternance qui donc traitaient le mélanome mais n'empêchaient pas la persistance ou même la favorisaient, et qu'après on donnait des médicaments qui agissaient sur la traduction de l'ARN, on a vu également ici qu'on avait un effet thérapeutique très largement démultiplié. Nous, on a un gros programme dans notre laboratoire pour essayer de moduler la traduction des ARN messagers qui est toujours modifiée dans les cellules cancéreuses, et dans les cellules persistantes de façon particulière, et là, on pense qu'on peut agir dessus.

Réalisation : Barbara Vignaux, Anaïs Poncet

Production : Universcience

Année de production : 2020

Durée : 2min48

Accessibilité : sous-titres français