Dans les coulisses du climat  Diffusé le

#3 Sécheresse : le futur est dans le pré

Pour simuler le climat de 2050 et ses épisodes de sécheresse plus fréquents et plus longs, des chercheurs en agronomie de Lusignan, près de Poitiers, ont conçu une serre mobile high-tech avec suivi par drone et images 3D. Là germeront peut-être les futures variétés des prairies européennes…

Un épisode de la série « Les coulisses du climat ».

Réalisation : Barbara Vignaux , Pierre De Parscau

Production : Universcience, CNRS, IRD, Inrae

Année de production : 2021

Durée : 7min09

Accessibilité : sous-titres français

#3 Sécheresse : le futur est dans le pré

À quoi ressembleront ces champs en 2050 et qu’y cultivera-t-on ? Parmi les activités humaines, l’agriculture reste l’une des plus directement influencée par le climat. Et si la production agricole contribue à 17% des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale, ce secteur en subi également les conséquences.

L’augmentation du CO2 dans l’atmosphère pourrait ainsi stimuler la photosynthèse dans les années à venir et améliorer le rendement de certaines cultures mais entrainerait aussi une transformation profonde du cycle de l’eau bouleversant le fragile équilibre des saisons. Avec, en perspective, des périodes de sécheresse plus intenses et plus longues.

Comment les plantes parviendront-elles à s’y adapter et peut-on les y aider ? Une équipe de scientifiques a décidé de mettre certaines d’entre elles à l’épreuve pour étudier leur résistance à la sècheresse.

GENERIQUE

Dans les chambres froides du centre de recherche de l’INRAE de Lusignan se cachent des trésors par poignées. Ces graines font partie d’une collection de semences et sont régulièrement sollicitées pour des expériences en pleine terre. Elles ne le savent pas encore, mais certaines s’apprêtent à subir une privation d’eau drastique pour mesurer leur capacité d’adaptation. 

Sur ce site, la recherche agronomique s’est alliée à la haute technologie pour faire naitre un abri d’un nouveau genre baptisé Siclex, un simulateur de climat extrême. L’objectif : soumettre des plantes à l’environnement qu’elles pourraient connaître d’ici 20 ou 30 ans.    

ITV Cédric Perrot - Ingénieur

Ces parcelles, longues de 100m sont ainsi recouvertes par l’abri avant que ne tombe la moindre goutte. Et pour augmenter encore le stress auquel sont soumis ces plantes cobayes, l’abri se retire systématiquement après la pluie pour profiter du rayonnement solaire. Sous la chaleur, ces végétaux augmentent ainsi leur consommation de l’eau présente dans le sol et dans leurs organismes, accentuant le phénomène appelé « évapotranspiration ».

L’équipe conduite par l’écophysiologiste Jean-Louis Durand s’intéresse à l’adaptation des prairies aux changements climatiques et a donc sélectionné différentes variétés de dactyle pour cette expérience. Cette plante fourragère riche en protéines permet de nourrir les ruminants, un maillon essentiel pour l’élevage. Les scientifiques ont ainsi fait pousser 77 petits massifs composés d’espèces provenant de différentes régions d’Europe pour comparer leurs réactions.

ITV Jean-Louis Durand – Écophysiologiste

Ces dactyles ont été totalement privé d’eau entre avril et septembre avant d’être brusquement arrosées, simulant ainsi un été caniculaire précédent les pluies d’automne. Premier constat : la majorité des variétés plantées est repartie mais avec des différences de performances très notable. Pour les mesurer avec précisions, les chercheurs s’appuient sur des prises de vues aériennes. Les clichés haute définition pris par ce drone durant son vol permettent de modéliser cette parcelle en 3D et de comparer dans le temps la vitesse et la qualité de repousse de ces plantes fourragères.

ITV Jean-Louis Durand – Écophysiologiste

Survivre à l’été de 2050, c’est le défi proposé à ces dactyles, une population très diverse génétiquement présente du nord au sud de l’Europe, dans des conditions climatiques très différentes. Le croisement des variétés les plus robustes pourrait permettre de créer un idéotype, une plante idéale créé naturellement au fil des générations. Ce laboratoire spécialisé dans la génétique mène ainsi l’enquête pour identifier les marqueurs génétiques qui favorisent la résistance à la sècheresse.  

ITV Philippe Barre - Généticien

Face à l’urgence climatique, ce protocole encore expérimental permet de gagner un temps précieux, en donnant naissance à de nouvelles variétés de plantes trois à quatre fois plus rapidement qu’avec des méthodes traditionnelles. D’ici 4 ans, ces dactyles aux capacités de résistance accrues pourraient germer dans les prairies d’Europe en dessinant les contours de l’agriculture de demain.

Réalisation : Barbara Vignaux , Pierre De Parscau

Production : Universcience, CNRS, IRD, Inrae

Année de production : 2021

Durée : 7min09

Accessibilité : sous-titres français