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Cameroun : mangrove en danger

A Douala au Cameroun, en pleine saison des pluies, une bonne partie de la ville est sous l’eau. Les infrastructures souffrent, la population perd le peu qu’elle a et a du mal à se déplacer. A l’origine, la nature fait pourtant bien les choses : un écosystème joue un rôle tampon entre terres et mers, et abrite une faune et une flore très riches. C'est la mangrove.

Un reportage de Mayline pour les "Hauts-Parleurs".

Réalisation : Mayline Menard

Production : Fablab Channel, TV5 Monde

Année de production : 2019

Durée : 3min44

Accessibilité : sous-titres français

Cameroun : mangrove en danger

La Mangrove en danger

Intro :

Christian Essombe pécheur 30 ans

“Avant sur tout le long là il y avait rien c’était la mangrove avec les palétuviers mais depuis 10 ans, l’Etat et quelques personnes du peuple Sawa ont vendu les terres, donc il y a beaucoup d’habitations”

Bonjour moi c’est Mayline ! Je vis à Douala au Cameroun et en ce moment on est en pleine saison des pluies.

Ici quand il pleut c’est la catastrophe, une bonne partie de la ville est sous l’eau. Les gens perdent le peu qu’ils ont, les infrastructures en prennent un coup et c’est compliqué pour tout le monde de se déplacer. Tout ça c’est parce qu’on ne prend pas soin d’un truc que la nature avait pourtant prévu sur mesure pour éviter les inondations : la mangrove.

Générique

Bon, pour comprendre on va faire un peu de géo. La ville de Douala se situe à l’endroit où le fleuve Wouri se jette dans l’océan. Et tout le vert sur la carte, c’est la mangrove.

Pour résumé, la mangrove c’est un ecosystème qui regroupe en son sein des marais, des palétuviers et de nombreuses autres espèces végétales et animales. C’est également une zone très humide qui fait une jonction entre la terre et la mer.

Au départ, Douala n’était qu’un petit port de commerce dans une mangrove. Aujourd’hui il en reste moins de la moitié, parce que Douala est devenue la capitale économique du pays, où près de 3 millions d’habitants vivent, et le chiffre ne cesse d’augmenter.

Christian Essombe, un pêcheur originaire de l’île Djébalé en plein milieu de la mangrove m’emmène en pirogue pour m’expliquer l’étendue des dégâts.

“Avant sur tout le long là il y avait rien c’était la mangrove avec les palétuviers mais depuis 10 ans, l’Etat et quelques personnes du peuple Sawa ont vendu les terres, donc il y a beaucoup d’habitations. Les maisons appartiennent à des gens riches qui ont envie de vivre au bord de l’eau. Ils disent que la ville de Douala est surchargée et qu’il n’y a plus de place alors ils viennent s’installer ici.”

“Le restaurant que vous voyez en face a été construit il y a 13 ans par un célèbre footballeur camerounais” (c’est un grand restaurant qui longe la cote donc c’est interessant à voir)

Légale ou non, la bétonisation de la mangrove est une véritable catastrophe écologique car cet écosystème est incroyablement riche. On retrouve singes, crocodiles, poissons, huîtres, crevettes, hérons et lamentins... (succession de photos) mais aussi des plantes comme les palétuviers, le bambou et les hibiscus (succession de photos).

“Vous voyez les palétuviers là bas? Tous les jours, des gens en pirogue viennent couper les arbres en grande quantité et repartent avec pour les revendre ou construire des habitations. Ils ne payent rien, ils viennent juste se servir.”

“Il y a des espèces de poissons et de crevettes qui ont disparu depuis. Avant quand on allait pêcher le filet était rempli, maintenant on récolte beaucoup moins de poissons“

Les entreprises pétrolières et du BTP comme Tradex et Hazim sont également en partie responsables car elles ont élu domicile dans la mangrove et déboisent en quantité industrielle les arbres qui s’y trouvent.

A cause de la disparition de la mangrove, des milliers de pêcheurs mais aussi de chasseurs perdent une partie de leur gagne-pain.

Mais en ville aussi ça a des conséquences : car la Mangrove sert à protéger la terre, de l’eau et de la force des vents en cas de tempêtes ou de tsunamis. C’est une zone tampon ! La végétation et notamment les racines des palétuviers, fonctionne comme un frein qui permet de réduire la puissance des vagues.

Je prends les moyens du bord pour vous expliquer en me basant sur une étude de l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature. Elle a comparé ce qui s’est passé, au moment du tsunami de 2004 dans l’Océan Indien, dans deux villages du Sri-Lanka qui avaient à peu près la même population et le même emplacement par rapport à la mer.

Dans le premier, qui était protégé par la mangrove, seulement deux personnes ont été retrouvées mortes après le tsunami, grâce à la végétation qui a limité la pénétration de la vague vers les habitations.
Dans le village où il n’y avait pas ce bouclier naturel, 6.000 décès ont été recensés car comme vous le voyez, les habitations étaient directement exposées au tsunami.

Ainsi toujours d’après cette étude, si les mangroves du Sri Lanka n’avaient pas été détruites à plus de 40%, énormément de vies auraient été sauvées.

Alors je ne dis pas qu’il va y avoir un tsunami demain sur les côtes du Cameroun. Mais avec le dérèglement climatique, le pays n’est pas à l’abri d’une catastrophe naturelle. Ne serait-ce que pour la montée du niveau de la mer... Il est urgent de prendre soin de ce bouclier !

Les ONG se battent pour préserver la mangrove mais le gouvernement ne mesure pas l’ampleur des dégâts. Pourtant à Douala, les inondations sont chaque année toujours plus impressionnantes.En Inde, au Bangladesh et dans d’autres pays, les gens ont pris conscience du rôle de la mangrove et commencent à la replanter. On devrait s’y mettre aussi ici !

Et chez vous, y’a-t-il des inondations ? Des zones qui devraient être protégées pour mieux défendre la terre contre l’eau ? Racontez en commentaire et allez voir d’autres vidéos des Haut-Parleurs !

Séquencier : La Mangove en danger

Intro :

Christian Essombe pécheur 30 ans

“Avant sur tout le long là il y avait rien c’était la mangrove avec les palétuviers mais depuis 10 ans, l’Etat et quelques personnes du peuple Sawa ont vendu les terres, donc il y a beaucoup d’habitations”

Bonjour moi c’est Mayline ! Je vis à Douala au Cameroun et en ce moment on est en pleine saison des pluies.

Ici quand il pleut c’est la catastrophe, une bonne partie de la ville est sous l’eau. Les infrastructures en prennent un coup et c’est compliqué pour tout le monde de se déplacer. Tout ça c’est parce qu’on ne prend pas soin d’un truc que la nature avait pourtant prévu sur mesur pour éviter les inondations : la mangrove.

Générique

Bon, on va faire un peu de géo. La ville de Douala est posée là où le fleuve xxx se jette dans l’océan. Et tout le vert sur la carte, c’est la mangrove.

La mangrove c’est xxxx (expliquer l’écosystème brièvement : marais, palétuviers, eau saumâtre...).

Au départ Douala n’était qu’un petit port de commerces, il y avait 400.000km2 de mangrove à l’embouchure du fleuve. Aujourd’hui il en reste moins de la moitié, parce que Douala est devenue la capitale économique du pays, où près de 3 millions d’habitants vivent. Le chiffre ne cesse d’augmenter et les habitations s’étendent de plus en plus vers le peu de mangrove qu’il reste autour de la ville. En 30 ans, elle a diminué de moitié.

Christian Essombe, un pécheur originaire de l’île Djébalé en plein milieu de la mangrove m’emmène en pirogue pour m’expliquer l’étendu des dégats.

“Avant sur tout le long là il y avait rien c’était la mangrove avec les palétuviers mais depuis 10 ans, l’Etat et quelques personnes du peuple Sawa ont vendu les terres, donc il y a beaucoup d’habitations. Les maisons appartienent à des gens riches qui ont envie de vivre au bord de l’eau. Ils disent que la ville de Douala est surchargée et qu’il n’y a plus de place alors ils viennent s’installer ici”

“Le restaurant que vous voyez en face a été construit il y a 13 ans par un célèbre footballeur camerounais” (c’est un grand restaurant qui longe la cote donc c’est interessant à voir)

Une véritable catastrophe écologique car la mangrove est le berceau de la biodiversité. On y retrouve des espèces de la faune comme les singes, les crocodiles, les poissons, les huitres, les crevettes, les hérons et les lamentins (succéssion de photos) mais aussi les espèces de la flore comme les palétuviers, le bambou et les hibiscus (succession de photos).

“Il y a des espèces de poissons et de crevettes qui ont disparu depuis. Avant quand on allait pécher le filet était rempli, maintenant on récolte beaucoup moins de poissons“

“Vous voyez les palétuviers là bas? Tous les jours, des gens en pirogue viennent couper les arbres en grande quantité et repartent avec pour les revendre ou construire des habitations. Ils ne payent rien, ils viennent juste se servir.”

La Mangrove sert aussi à protéger la terre, de l’eau. C’est une zone tampon ! Le sol étant argileux, il absorbe l’eau en cas de marées hautes et même de tsunami.

En 2004, lorsque le tsunami le plus meurtrier de tous les temps s’est abattu sur l’Indonésie des milliers de personnes sont mortes et pourtant si les mangroves n’avaient pas été détruites à plus de 40%, des vies auraient été sauvées.

(C’est le moment où je filme les maisons en papier avec des éponges pour faire la mangrove) L'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), a comparé ainsi le nombre de décès dans deux villages du Sri Lanka avec les mêmes caractéristiques démographiques. Je vous montre avec les moyens que j’ai à disposition le rôle de la mangrove en cas de catastrophe.

Dans le village protégé par la mangrove, deux personnes ont été retrouvées mortes après le passage de la vague car comme vous le voyez, la mangrove a absorbé l’eau, limitant ainsi la pénétration de la vague vers les habitations.
Dans le village sans ce bouclier naturel, 6.000 décès ont été recensés car comme vous le voyez, les habitations étaient directement exposées au tsunami.

Le Cameroun n’est pas sur une zone où des plaques tectoniques se rencontrent mais avec le dérèglement climatique, le pays n’est pas à l’abri d’une catastrophe naturelle.

Les entreprises pétrolières et du BTP comme Tradex et Hazim sont également en partie responsables car elles ont élu domicile dans la mangrove et déboisent en quantité industrielle les arbres qui s’y trouvent.

Les ONG se battent pour préserver la mangrove mais le gouvernement ne mesure pas l’ampleur des dégats. Pourtant à Douala, les inondations sont chaque année toujours plus impressionnantes. (dernière image moi les pieds dans l’eau en bas d emon immeuble. Quand il pleut le trottoir est inondé impossible de traverser sans enlever ses chaussures pour marcher dans les énormes flaques d’eau)

 

Réalisation : Mayline Menard

Production : Fablab Channel, TV5 Monde

Année de production : 2019

Durée : 3min44

Accessibilité : sous-titres français