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© AFP/Alessandro Iovino

AgroBiothers, spécialiste des soins et accessoires pour animaux en France, renonce à la commercialisation de ces produits « nocifs » pour les animaux, une avancée saluée par les défenseurs des bêtes qui en attendent d’autres.

« Notre politique est que 100 % de nos produits soient garants de la bientraitance animale d’ici 2023. On a pris les devants sur les aquariums sans aucune pression des ONG car on savait que c’était interdit dans d’autres pays », a expliqué Matthieu Lambeaux, président d’AgroBiothers, un des principaux acteurs du marché en France.

Sa société va aussi arrêter la vente de tous les aquariums qui sont inférieurs à 15 litres. « Un aquarium doit avoir des filtres et un volume d’eau plus important et on doit aussi pouvoir y mettre un décor », a-t-il ajouté.

Et plus de collier antiaboiements pour les chiens : « Nous avons pris cette décision car c’est de la maltraitance », juge M. Lambeaux, estimant que « ces produits ne sont pas assez sécurisés et demandent probablement une éducation ». 

Il emboite ainsi le pas à l'enseigne MaxiZoo par exemple, autre acteur incontournable du marché de l’animalerie en France, qui ne propose plus à la vente sur son site internet de colliers antiaboiements et explique sur une page dédiée aux propriétaires de chiens comment s'en passer.

Muriel Arnal, présidente de l'association One Voice, a salué « une excellente nouvelle ». « En France, nous sommes en retard au niveau législatif pour les animaux. C'est grâce aux consommateurs et aux entreprises qui entendent les consommateurs que nous allons faire évoluer la cause animale et que la maltraitance cessera », a-t-elle commenté. Selon elle, les colliers électriques « ne sont pas une solution efficace pour dresser les chiens, au contraire, ils traumatisent, blessent ».

La France est à la traîne

Christophe Marie, porte-parole de la Fondation Bardot, s'est réjoui « d’une illustration du changement profond de notre rapport à l'animal », espérant que « la démarche d'AgroBiothers en entraîne d'autres et aide à une révision de la règlementation ».

« Les poissons sont les animaux de compagnie les plus nombreux en France et leurs besoins élémentaires sont souvent niés. Idem pour les cochons d'Inde ou lapins vendus en animalerie dont certains ne sortiront jamais de leur cage », déplore-t-il.

Quant à la mise au banc des colliers antiaboiements et autres martinets, « cela illustre le rejet des actes de violence envers les animaux. Aujourd'hui, frapper son chien parce qu'il n'avance pas ne se fait plus dans l'indifférence des passants et c'est tant mieux ! ».

Reha Hutin, présidente de la Fondation 30 millions d'amis, s'indigne, elle aussi, du retard législatif en France. « Depuis 2018, on a essayé de passer en vain un projet de loi pour interdire les colliers antiaboiements alors que des pays comme le Danemark, la Norvège, le Pays de Galles, la Slovénie, l’Écosse, l'Angleterre, l'Autriche, l'Allemagne... tous l'ont interdit depuis des années », énumère-t-elle. « Et ce qui est choquant, c'est qu'aujourd'hui il y a des vétérinaires, des professionnels, qui le conseillent. C'est de la maltraitance avérée. Ce manque de législation fait que l'on en trouve partout sur Internet et que les gens qui n'y connaissent rien peuvent provoquer des sévices graves ! », ajoute-t-elle.