Et si les plis du vivant nous inspiraient de nouveaux matériaux ? La plupart des formes que l'on trouve dans le vivant ne sont pas seulement belles ou originales, elles sont le fruit d'une évolution pour adapter la forme à la fonction. En s'inspirant de formes naturelles comme les plis, nous pouvons réaliser des matériaux très innovants. Il y a plusieurs niveaux d'organisation chez le vivant qui comportent des systèmes de plis. Les systèmes les plus simples, un certain nombre d'espèces d'herbes qui sont plus ou moins pliées, c'est-à-dire qu'il y en a qui ont un seul pli, il y en a qui ont des plis en accordéon, des systèmes à deux ou trois plis, ça va leur permettre une rigidité ou une résistance au vent ou à tout un tas de choses. La feuille de charme, c'est un des exemples les plus souvent cités parce qu'on voit un système de chevrons qui permet effectivement à la feuille de se replier en accordéon alors un accordéon un petit peu complexe. Du bourgeon à la fleur, c’est une structure complexe qui est concentrée dans un tout petit volume. Le bourgeon, il est formé très tôt, en fait avant l'automne. Donc tout ça, c'est chiffonné, c'est plié à l'intérieur. Et il y a des capteurs qui vont en fonction de la température et de la saison, qui vont dire ah bien ça y est, c'est bon, là tu peux y aller, ça va déployer toute la membrane. Sur les champignons, c'est particulièrement évident. Donc si vous regardez un champignon basique, si on regarde dessous, on va voir un certain nombre de plis. La surface qui est dessous, c'est la surface de reproduction. C'est là que ça contient tous les spores. On va retrouver chez les coraux, et dans d'autres domaines du vivant, des formes qui se ressemblent. Au niveau de l'évolution, ça s'appelle la convergence des formes. Chez les coraux, ça va être la surface d'échange avec l'extérieur qui va être à l'origine aussi de la multiplication de cette surface très plissée. C'est toujours dans le but d'augmenter la surface. Les ailes de chauve-souris, les ailes d'insectes, il y a aussi des histoires de plis bien sûr. Alors on peut prendre la chauve-souris. Il y a les nervures qui permettent de structurer l'aile, qui vont lui permettre, dans un premier temps, de se déplier, rigidifier sa forme, qui vont lui donner des propriétés particulières. La surface elle-même, elle est micro-froissée en quelque sorte, et ça lui donne une propriété qui est remarquable, c'est que c'est auto-cicatrisant. Ces séquences de plis vont générer de la solidité, de la résistance, des possibilités de pliage, et dépliage aussi, de mouvements. L'artiste Vincent Folderer a développé depuis 25 ans une œuvre basée sur le pliage et le froissage qui s'inspire du vivant, et dont le but est de créer des matériaux et des structures multifonctionnels. Toutes les formes très organiques que je présente sont en fait des constructions géométriques très rigoureuses. Donc ça concerne le pavage du plan. Comment on va pouvoir tapisser en fait une surface avec des polygones, des modèles géométriques, donc de la géométrie classique qui est mis en œuvre. On voit plus l'aspect géométrique quand la forme est complètement concentrée, il faut déplier la forme pour la voir. Mais, c'est comme le programme, en fait, de la forme. Dès qu'on ajoute des séquences de plis plus complexes, on ouvre alors là un monde de formes incroyables. Le pliage et son extension, donc le froissage, qui permet en fait un pliage avec beaucoup de plis, les deux combinés permettent de concentrer des structures complexes dans des tout petits volumes. Et ces structures-là, elles sont fonctionnelles. Par pliage, on va pouvoir générer des formes en hélice et en spirale qui sont faites avec des lignes droites. Et les pommes de pin qui s'enroulent, le tout effectivement plutôt en hélice ou en phénomène d'encombrement. Il y a les phénomènes gonflables qui fait que quand on les compresse, c'est pour aussi utiliser le moins d'espace possible. Au cœur du pliage, il y a cette notion d'enveloppe. Vous savez l'enveloppe, c’est ce qui nous entoure, ce qui nous contient. Donc dans les applications, les premières du pliage, historiquement, c'est l'emballage. Donc en coopération, en mettant mes travaux et ceux d'autres personnes en commun, on a créé des systèmes d'emballage, on va dire innovants, qui sont basés sur un mono matériau par exemple. A plus grande échelle, c'est les abris. Il y a tout un tas de structures qui ont été faites soit à l'état de maquette, soit à l'état de prototype, déjà à une certaine échelle qui demanderait qu'un peu de développement industriel pour pouvoir faire ça. Dans le domaine des abris d'urgence qui serait évidemment une des structures très légères, c'est une problématique actuellement, les abris actuels sont plutôt lourds, donc chers à transporter, à mettre en place, tout ça est pas forcément très confortable. Le deuxième domaine, ce serait avec les matériaux par exemple transparents ou d'autres matériaux isolants, ou la combinaison des deux. C'est dans le domaine des abris de jardin ou des serres. Avec donc des abris qui ont des propriétés nouvelles. Comme elles sont très légères, elles peuvent être installées et déplacées facilement. Elles ont aussi le fait qu'elles permettent une ventilation plus facilement et on va pouvoir soit augmenter la lumière, soit la baisser en fonction des besoins selon la saison. Donc effectivement, on va essayer d'utiliser le moins de matière possible, de la mettre juste là où on en a besoin, donc d'éliminer tout ce qui est, tout ce qui est superflu, tout ce qui est, tout ce qui est trop lourd, à partir de ces formes-là. Et donc il y a une infinité de propriétés et de solutions possibles à partir des modèles naturels en fait, qui ont, qui nous montrent qui nous montrent la voie. Observer et comprendre le vivant avec une approche artistique est une autre voie du biomimétisme. Cette alliance créative entre l'art et la science permet de découvrir des propriétés uniques et de réaliser des innovations durables dans tous les domaines.