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Xi Jinping s'adresse par message vidéo à l'Assemblée générale de l'ONU le 21 septembre 2021 à New York © POOL/AFP Mary Altaffer

Nations unies - Pékin va cesser de construire des centrales à charbon à l'étranger, a déclaré mardi le président chinois Xi Jinping à la tribune des Nations unies, joignant sa voix à une série d'annonces sur la lutte contre le changement climatique à quelques semaines du début de la conférence COP26.

Le président américain Joe Biden a lui annoncé que les États-Unis allaient doubler leur aide aux pays en développement pour faire face à la crise climatique, soit un engagement d'environ 11 milliards de dollars par an, selon les experts.

Les deux mesures ont été immédiatement saluées par les défenseurs de l'environnement, qui les réclamaient de longue date, ainsi que par le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres. 

« Si les annonces du jour sont bienvenues, nous avons toutefois encore un long chemin à parcourir afin de faire de la COP26 [qui se déroulera du 1er au 12 novembre] un succès », a malgré tout nuancé M. Guterres

La Chine « ne construira pas de nouvelles centrales à charbon à l'étranger », a déclaré le président Xi Jinping devant l'Assemblée générale de l'ONU, mais sans préciser de calendrier. 

Une telle promesse a également été formulée récemment par la Corée du Sud et le Japon.

Il s'agit d'un « tournant historique pour s'éloigner de l'énergie fossile la plus sale du monde », a réagi dans un communiqué Helen Mountford, du World Resources Institute. Cette organisation rappelle que sur la dernière décennie, la Chine a investi « des milliards de dollars » dans des usines à charbon dans d'autres pays.

C'est par exemple le cas en Indonésie, au Vietnam ou au Bangladesh, dans le cadre des « nouvelles routes de la soie », un gigantesque programme d'infrastructures lancé par le président Xi Jinping.

« Si l'abandon progressif du financement du charbon à l'étranger est très important, cela ne dispense pas la Chine de prendre des mesures ambitieuses au sein de ses frontières », a toutefois rappelé Helen Mountford.

Car l'annonce de mardi est loin de signifier la fin totale des investissements de Pékin dans le charbon.

Lors d'une visite en Chine début septembre, l'émissaire américain pour le climat John Kerry avait demandé aux responsables chinois de cesser ces constructions y compris dans leur pays « pour ne pas ruiner la capacité du monde à atteindre la neutralité carbone d'ici à 2050 ».

« Les jours de l'énergie charbon sont comptés », a réagi mardi sur Twitter le président de la COP26, Alok Sharma, en disant se féliciter de l'annonce chinoise. « À la COP26, nous devons faire du charbon de l'histoire ancienne. »

Joe Biden a de son côté promis de travailler avec le Congrès américain pour s'assurer d'atteindre l'objectif de doublement des fonds américains pour soutenir les pays en développement face au changement climatique. « Avec notre aide, ainsi qu'un capital accru du privé et d'autres donateurs, nous serons capables d'atteindre le but de mobiliser 100 milliards de dollars », a affirmé M. Biden. 

Les pays développés se sont en effet engagés en 2009 à Copenhague à mobiliser 100 milliards de dollars par an entre 2020 et 2025 pour cette assistance. Mais le plan de financement, qui sera sans aucun doute un des points de contentieux lors de la COP26 à Glasgow en novembre, a pris du retard.

Ce sujet suscite régulièrement la colère des pays pauvres, premières victimes des effets du dérèglement climatique, qui dénoncent le manque de solidarité des pays riches, principalement responsables de ce réchauffement.

L'OCDE a annoncé la semaine dernière que cette aide Nord-Sud avait atteint 79,6 milliards de dollars en 2019, soit une augmentation de seulement 2% par rapport à 2018.

La Turquie a également contribué aux bonnes nouvelles, en annonçant qu'elle allait ratifier l'Accord de Paris le mois prochain, juste avant la COP26.

Le président Recep Tayyip Erdogan a rappelé que son pays l'avait signé, mais ne l'avait pas ratifié jusqu'à présent en raison d'un désaccord sur « le partage du fardeau » entre pays industrialisés, catégorie à laquelle la Turquie appartient.

L'Accord de Paris vise à limiter le réchauffement planétaire à moins de 2°C au-dessus du niveau pré-industriel, dans l'idéal à 1,5°C.