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Rien qu’en 2018, les activités humaines ont généré 37 gigatonnes de CO2 © dpa/AFP/Archives Federico Gambarini

Les activités humaines émettent chaque année jusqu’à cent fois plus de CO2, principal responsable du réchauffement climatique, que l’ensemble des volcans de la planète, selon de récentes études publiées dans la revue Elements. Une équipe de 500 scientifiques regroupés au sein du Deep Carbon Observatory (DCO) y détaille la façon dont le carbone est stocké, émis et réabsorbé lors de processus naturels ou générés par l’Homme.

Selon eux, seulement 0,2 % du carbone terrestre (43 000 gigatonnes) se trouve au-dessus de la surface (océans, terres, atmosphère). Le reste – plus de 1,85 milliard de gigatonnes – est stocké dans la croûte terrestre, le manteau et le noyau. Les volcans participent ainsi aux émissions de CO2, mais leur responsabilité dans le dérèglement climatique est bien moindre que celle des hommes, selon ces chercheurs, qui répondent ainsi aux climato-sceptiques.

En mesurant la présence de certains isotopes de carbone dans des échantillons de roche, le DCO a découvert que sur 500 millions d’années, la planète parvient en quelques centaines de milliers d’années à réguler elle-même les niveaux de CO2, principal gaz à effet de serre.

À l’exception de « perturbations catastrophiques » du cycle du carbone, comme de gigantesques éruptions volcaniques ou l’impact de la météorite qui a conduit à l’extinction des dinosaures. Les chercheurs estiment que la météorite qui a tué les trois quarts de la vie sur Terre, dont les dinosaures, il y a 66 millions d’années, a provoqué l’émission de 425 à 1400 gigatonnes de CO2.

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Le CO2 relâché chaque année par les volcans tourne autour de 0,3 à 0,4 gigatonne, soit environ cent fois moins que les émissions humaines © AFP/Archives Ferdi Awed

Rien qu’en 2018, les activités humaines ont généré 37 gigatonnes de dioxyde de carbone. Le CO2 envoyé par les hommes dans l’atmosphère « ces 10 à 12 dernières années » est ainsi équivalent à ces événements catastrophiques, souligne Marie Edmonds, vulcanologue au Queen’s College de Cambridge. En clair, les émissions causées par l’humanité sont de la « même ampleur » que de précédents chocs du cycle du carbone ayant entraîné des extinctions de masse, a ajouté Celina Suarez, de l’université d’Arkansas.

En comparaison, le CO2 relâché chaque année par les volcans tourne autour de 0,3 à 0,4 gigatonne, soit environ cent fois moins que les émissions humaines. « Les climato-sceptiques se jettent sur les volcans en les considérant comme possibles plus gros émetteurs de CO2, mais ce n’est tout simplement pas le cas », a insisté Marie Edmonds.

La Terre a déjà connu des concentrations de CO2 plus élevées qu’aujourd’hui, mais hors événements catastrophiques, il avait fallu des centaines de milliers d’années pour atteindre ces niveaux. « Les négateurs du climat disent toujours que la Terre finit par retrouver son équilibre, a ajouté Celina Suarez. C’est vrai. Et elle va retrouver son équilibre, mais pas dans un délai qui a un sens pour les hommes ».