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Un médecin avec un patient dans un centre de quarantaine à Wuhan, en Chine, le 3 février 2020 © AFP STR

La Chine accélère ses efforts pour remédier à l’insuffisance criante de lits d’hôpitaux à l’épicentre de l’épidémie de pneumonie virale, dont le bilan a dépassé jeudi 560 décès, tandis qu’ailleurs en Asie se renforçaient de drastiques mesures de quarantaine.

Plus de 28 000 personnes sont désormais atteintes du nouveau coronavirus à travers la Chine, tandis qu’à l’étranger, où une vingtaine de pays sont touchés, 20 cas de contamination ont été identifiés sur un navire de croisière maintenu à l’isolement au large du Japon.

Deux semaines après la mise en quarantaine de facto de la ville de Wuhan puis d’une grande partie de sa province, le Hubei (centre), d’où s’est propagée l’épidémie, le système de santé local reste débordé par l’afflux de patients.

À Wuhan, un hôpital de fortune de 1000 lits, construit en dix jours, a accueilli mardi ses premiers malades, et un second du même type, d’une capacité de 1600 lits, doit entrer en fonctionnement jeudi.

Ailleurs dans la ville, les autorités ont annoncé la conversion d’une dizaine de bâtiments publics, dont des centres culturels ou des gymnases, en cliniques improvisées. La métropole – où est apparu en décembre le nouveau virus – connaît une « grave » pénurie de lits, ainsi que « d’équipements et de matériel », s’est désolé Hu Lishan, un haut responsable de la ville.

Dans le même temps, le groupe chinois de biotechnologie BGI annonçait jeudi l’entrée en service à Wuhan d’un laboratoire capable de traiter chaque jour plus de 10 000 tests de dépistage du virus.

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L’hôpital Huoshenshan, construit en dix jours à Wuhan, le 2 février 2020 © AFP/Archives STR

Paquebot au Japon

Le bilan de l’épidémie s’élève à 563 morts en Chine continentale (hors Hong Kong et Macao), où 28 018 cas de contamination ont désormais été confirmés, soit un bond de presque 3 700 en un seul jour, selon des chiffres officiels publiés jeudi.

Ailleurs, deux décès ont été imputés au coronavirus : l’un aux Philippines et l’un à Hong Kong, tandis qu’environ 200 cas de contamination étaient rapportés dans une vingtaine de pays.

Au Japon, 3700 personnes de dizaines de nationalités différentes restent maintenues en quarantaine dans leurs cabines d’un bateau de croisière à Yokohama : le nombre de cas de contamination à bord a doublé jeudi, à 20, selon les médias japonais citant les autorités sanitaires. Les organisateurs des JO de Tokyo, qui se tiendront du 24 juillet au 9 août, se sont de leur côté dits mercredi « extrêmement inquiets ».

Alors qu’une grande partie des liaisons aériennes avec la Chine continentale demeurent suspendues, de nombreux pays renforcent leurs mesures face à l’épidémie : le Vietnam est devenu le dernier pays en date à interdire l’entrée aux voyageurs arrivant de Chine.

L’Autriche, elle, entame jeudi des contrôles de température à l’aéroport international de Vienne pour les passagers en provenance de Pékin.

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Relevé de température à l’hôpital Princess Margaret, le 4 février 2020 à Hong Kong © AFP Anthony Wallace

En Chine, les mesures de confinement restent drastiques : plusieurs agglomérations de la province du Zhejiang (est) appliquent depuis mardi des restrictions aux déplacements à des dizaines de millions de personnes.

À Zhumadian, dans le Henan, province limitrophe du Hubei, une personne par foyer seulement est autorisée à quitter son domicile... une fois tous les cinq jours. Des primes sont promises en cas de dénonciation de personnes venues du Hubei. 

À Pékin, où les avenues restent quasi désertes, de nombreux commerces restent fermés même après la fin des congés du Nouvel an lunaire. Les restaurants ont été sommés de refuser les réservations de groupes.

Conséquence de l’épidémie, l’économie chinoise pourrait être durablement affectée : dans plusieurs provinces, la plupart des entreprises et usines resteront fermées jusqu’au 9 février au moins.

Le géant électronique taïwanais Foxconn, fournisseur clé de l’américain Apple, a indiqué jeudi que les ouvriers d’une de ses usines au Henan (centre de la Chine) seraient placés en quarantaine pour au moins une semaine.