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Un bulldog anglais présenté au Westminster Kennel Club, une exposition canine qui se déroule chaque année à New York, en février 2018 © AFP/Archives Timothy A. Clary

Avec sa face écrasée et son profil court sur pattes, le bulldog anglais est une coqueluche des fans de chiens de race, mais la cause de ce succès se paie d’un risque sanitaire accru, selon des scientifiques britanniques.

Si le coq est gaulois, le bulldog est anglais. Molosse initialement élevé pour lutter contre des taureaux, il est devenu animal de compagnie dans l’Angleterre victorienne au 19e siècle, rappelle une étude publiée mercredi dans Canine Medecine and Genetics. Les éleveurs ont alors exagéré, par croisement, les caractères distinctifs de ses ancêtres, pour obtenir une face plus courte avec une large mâchoire inférieure, une constitution plus épaisse et des pattes arquées. L’animal est aujourd’hui parmi les plus prisés au Royaume-Uni. Il arrivait en quatrième position en 2020 au classement des enregistrements de chiens dans la grande association britannique du Kennel Club. 

L’étude menée par Dan G. O’Neill, du Royal Veterinary College, établit la rançon de ce succès. Le bulldog anglais a deux fois plus de chances d’être sujet à une affection qu’un autre chien, selon l’étude statistique menée en 2016 sur un échantillon de plus de 24 000 chiens, dont plus de 2000 bulldogs anglais, passés par un cabinet vétérinaire.

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Graphique comparant l’espérance de vie des chiens selon leur race © AFP John Saeki

Son pelage plissé favorise les dermatites. Quant à son œil larmoyant, c’est une réaction à ce que les Britanniques appellent un cherry eye, un œil en cerise, à cause d’une inflammation des tissus. Sa face aplatie est l’origine de syndromes respiratoires, qui limitent par exemple sa résistance à l’effort. Et le poids excessif de sa musculature est la cause de kystes entre les doigts. Sans parler de la transformation radicale de la morphologie de l’animal, rendant compliquée la mise à bas des femelles, et impliquant le recours à des césariennes. 

Ces problèmes n’ont rien de nouveau, et leur prévalence dans cette race est répertoriée depuis plusieurs dizaines d’années déjà. Mais c’est la première fois que des scientifiques les quantifient : « Bon nombre de prédispositions à des pathologies rapportées dans l’étude sont étroitement liées à la conformation extrême du bulldog anglais » à des critères de race.

Les auteurs de l’étude en appellent donc aux éleveurs pour qu’ils changent ces critères, « afin d’éviter que le Royaume-Uni rejoigne la liste grandissante de pays où l’élevage de bulldogs anglais est interdit ». Dans un jugement retentissant, le tribunal d’Oslo a proscrit l’élevage du bulldog anglais et du Cavalier King Charles Spaniel en Norvège, au motif que la pratique leur inflige des souffrances incompatibles avec la loi sur la protection des animaux.