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Sous la direction d'Elon Musk, Twitter a récemment rétabli des dizaines de milliers de comptes, dont certains appartenaient à des complotistes ou des opposants à la vaccination, au risque de relancer un phénomène de désinformation sur le réseau social.

Ecran de téléphone affichant une photo d'Elon Musk avec le logo Twitter en arrière-plan, le 4 octobre 2022, à Washington © AFP/Archives Olivier Douliery

Ecran de téléphone affichant une photo d'Elon Musk avec le logo Twitter en arrière-plan, le 4 octobre 2022, à Washington © AFP/Archives Olivier Douliery

Selon le développeur Travis Brown cité par plusieurs organisations, plus de 27 000 comptes restaurés avaient été suspendus pour motif de désinformation, d'harcèlement et de manifestations de haine. Il a affirmé que sa liste était incomplète et que le nombre de ces comptes pourrait être plus élevé.

« Rétablir ces comptes va faire de la plateforme un aimant pour les acteurs qui veulent répandre des fausses informations », prévient Jonathan Nagler, co-directeur du Centre sur les réseaux sociaux et la politique de l'université NYU (New York University). « Et il y aura moins de modération des discours haineux, ce qui va rendre le réseau moins hospitalier pour beaucoup d'utilisateurs », ajoute-t-il.

Parmi les personnalités de retour chez l'oiseau bleu, des figures « antivax » comme le cardiologue Peter McCullough ou encore le médecin Robert Malone, qui avait été suspendu, il y a un an, pour avoir mis en garde contre la dangerosité supposée des vaccins contre le coronavirus, sans information vérifiée à l'appui. Depuis la levée de la suspension de son compte, Robert Malone, qui rassemble plus de 869 000 abonnés, a posté plusieurs messages relayant de fausses informations sur le vaccin contre le Covid-19.

Chez les anciens parias de nouveau autorisés sur le réseau social, figure également l'ancien président Donald Trump, qui se tient néanmoins, pour l'instant, à sa promesse de ne pas revenir et de n'utiliser que le réseau social Truth Social, qu'il a lui-même créé l'an dernier.

Mike Lindell fait partie de ceux qui ont repris le flambeau. Suspendu à deux reprises en 2021, le PDG de la société My Pillow et soutien inconditionnel de Donald Trump a appelé, dès le rétablissement de son compte, à « fondre les machines électroniques de vote pour en faire des barreaux de prison ». Une référence directe à la théorie complotiste selon laquelle le décompte des voix lors du scrutin présidentiel de 2020 a été manipulé avec l'aide des machines à voter, ce qui n'a jamais été démontré.

Si Elon Musk a récemment indiqué qu'il prévoyait de céder la direction de Twitter, il en « faudra plus pour réparer » la plateforme, avertit Nora Benavidez, de l'observatoire des médias Free Press. Il sera nécessaire, prévient-elle, de prendre « une série de mesures pour revenir sur les changements de Musk, réinvestir dans la modération et restructurer la gouvernance de la plateforme ».