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Le directeur de l'AIE, Fatih Birol © NTB Scanpix/AFP/Archives Ole Berg-Rusten

« La transition est trop lente » : le monde subira le réchauffement climatique mais aussi des « turbulences » en matière d'approvisionnement, s’il n’investit pas plus massivement et rapidement dans les énergies propres, a prévenu mercredi l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

L’agence lance « de sérieux avertissements », dans son rapport annuel publié à deux semaines de l'ouverture de la COP26 de l'ONU à Glasgow.

Une « nouvelle économie émerge » : batteries, hydrogène, véhicules électriques..., note-t-elle. Mais tous ces progrès sont contrés par « la résistance du statu quo et des énergies fossiles » : pétrole, gaz et charbon forment toujours 80% de la consommation finale d'énergie, générant trois quarts du dérèglement climatique.

À ce jour, les engagements climatiques des États, s'ils sont tenus, ne permettront que 20% des réductions d'émissions de gaz à effet de serre nécessaires d'ici 2030 pour garder le réchauffement sous contrôle.

« Les investissements dans des projets énergétiques décarbonés devront tripler dans les dix ans, pour la neutralité carbone à 2050 », résume le directeur de l'AIE, Fatih Birol.

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Évaluation des engagements de réduction d'émissions à effet de serre de 36 pays et de l'Union européenne à l'issue de la COP21 de Paris en 2015, selon Climate Action Tracker © AFP Simon MALFATTO, Kun TIAN

L'AIE dresse trois scénarios pour l'avenir.

Dans le premier, les États continuent comme aujourd'hui : les énergies propres se développent, mais hausse de la demande et industrie lourde maintiennent les émissions au niveau actuel. Le réchauffement atteint 2,6°C par rapport au niveau pré-industriel, loin du 1,5°C garant d'impacts gérables.

Ou alors les États appliquent leurs engagements, notamment la neutralité carbone pour plus de 50 d'entre eux dont l'Union européenne. La demande d’énergies fossiles atteint son sommet en 2025. La hausse des températures reste à 2,1°C.

La troisième option est la neutralité carbone, pour rester sous 1,5°C, « qui demandera des efforts majeurs mais offre des avantages considérables pour la santé comme le développement économique », souligne l’agence.

Ces dernières années, la dépréciation des prix du gaz et du pétrole a limité l'investissement dans ce secteur, quand, dans le même temps la transition vers des énergies propres est trop lente pour répondre à la demande, explique l'AIE.

 « Nous n'investissons pas assez pour répondre aux besoins futurs, et ces incertitudes nous préparent à une période volatile. La façon d'y répondre est claire : investir massivement et rapidement dans les énergies propres », pour assurer les besoins de court et de long terme souligne M. Birol.

 « Une nouvelle économie de l'énergie émerge, avec un potentiel de création de millions d'emplois », dit encore Fatih Birol, qui appelle les dirigeants à la COP26 à « faire leur part en faisant des années 2020 la décennie du déploiement massif des énergies décarbonées ».