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Un soignant pakistanais vaccine contre la polio un enfant à Lahore, en novembre 2019. © AFP/Archives Arif ALI

Le Pakistan s’allie à Facebook pour contrer la désinformation sur la polio, ont annoncé les deux parties, alors que les autorités pakistanaises attribuent une forte recrudescence de la maladie dans le pays à une floraison de contenus anti-vaccins sur les réseaux sociaux.

« La lutte contre la désinformation sur les vaccins est un objectif important pour nous dans le monde entier, y compris au Pakistan », a commenté jeudi 16 janvier un porte-parole de Facebook. « Pour lutter contre la désinformation sur les vaccins, nous avons travaillé à réduire sa diffusion sur nos plateformes et à montrer aux gens des sources d’information crédibles sur la vaccination », a-t-il ajouté dans une réponse écrite à l’AFP.

« Contrer les contenus nuisibles sur les réseaux » est « une nécessité », a observé Zafar Mirza, l’assistant spécial du Premier ministre pour la santé. « Comme on l’a vu à Peshawar en avril, cela ne compromet pas seulement les efforts d’éradication de la polio, mais cela met aussi en danger la vie de nos enfants », a-t-il poursuivi dans un communiqué.

Un vent de panique s’était ainsi emparé de la capitale du nord-ouest pakistanais en avril 2019, après que des enfants s’étaient plaints de réactions au vaccin anti-polio, sans qu’aucune maladie ne leur soit diagnostiquée.

Des dizaines de milliers d’enfants avaient ensuite été transportés d’urgence dans plusieurs hôpitaux. Un centre de santé avait été incendié. Des dizaines de milliers de refus de vaccination ont depuis lors été recensés, et cinq agents vaccinateurs et policiers les encadrant ont été assassinés.

Le Pakistan, l’un des trois seuls pays au monde où la polio n’a pas été éradiquée, s’est fortement engagé contre cette maladie, accompagné par l’ONU. Après une forte baisse des cas (de 306 en 2014 à 8 en 2017), la tendance s’est toutefois nettement inversée, avec douze malades recensés en 2018, puis 136 en 2019.

Les autorités pakistanaises attribuent cette hausse à des contenus falsifiés publiés sur les réseaux sociaux, vus des centaines de milliers de fois, dont certains affirment que le vaccin tue des enfants. Facebook a retiré des dizaines de vidéos du genre, ont-elles fait savoir récemment.

Le vaccin anti-polio se heurte à une suspicion persistante au Pakistan. L’organisation d’une fausse campagne de vaccination par la CIA (les services de renseignement américains) pour retrouver le chef d’Al-Qaïda Oussama ben Laden, tué en 2011 à Abbottabad (Nord-Ouest), a provoqué des résistances.

Certains talibans et des religieux ultra-conservateurs font aussi courir la rumeur que les vaccins contiennent des ingrédients interdits par l’islam, comme du porc, ou qu’ils causent l’infertilité.